Dérapages

Je vis actuellement dans une Guest House, qui ressemble pas mal à une résidence étudiante, sauf qu’il n’y a pas que des étudiants dedans, il y a aussi des vrais gens qui travaillent la journée et dorment la nuit. Mais il y a quand même une majorité d’étudiants. Dont la majorité (oui oui, la majorité d’une majorité c’est possible) vont à la même université que moi, l’université de Sophia. Qui est à Tokyo, et non pas à Sophia Antipolis, ou encore en Bulgarie, qui de surcroît ne s’écrit pas de la même façon.Bref, tous ces joyeux étudiants (car ce serait quand même bien ballot de tirer une tronche de pneu dans une ville aussi sympathique) vont aller en cours avec moi (vont aller car les cours commençent demain, oui je chipote). Enfin, pas vraiment, vu que la plupart d’entre eux sont dans un programme Undergraduate, une Licence en gros, et que je suis dans un programme Graduate, l’équivalent d’un Mastère (aucun rapport avec le fromage, ni avec la Maîtrise).

Tout ça pour dire que comme ces étudiants sont en très grande partie américains (états-uniens pour être exact), nous conversons entièrement en anglais. Nos dialogues quotidiens sont donc ponctués de What the Fuck, Hell, Shit, et tout un tas d’autres jurons envers la chrétienté qu’on à l’habitude d’entendre dans les séries américaines. Sauf qu’avec mon accent couleur camembert, parfois ma prononciation dérape un peu et change totalement le sens de la phrase. Et aujourd’hui, c’était ma journée. Petite sélection rien que pour vos yeux :

  • Prononcer « beach » correctement est important, sinon les gens pensent qu’on parle d’une personne de mauvaise famille au lieu de la plage. Parce qu’entre « biitche » (pour beach, alias la plage) et « bitche » (pour bitch, alias sal*pe), la différence est minime. « I can’t wait to go to the bitch! »
  • Parler avec les gens de leurs relations amoureuses, c’est bien. Encore faut-il surveiller sa diction, sous peine de regards étranges. C’est pourquoi il ne faut pas confondre « cheating on you » (prononcé « tchitinnegue », l’expression signifiant « te tromper avec quelqu’un d’autre ») et « shitting on you » (prononcé comme ça se lit, signifiant « te ch*er dessus »), parce qu’après ça les gens te regardent un peu bizarrement et ont du mal à te suivre. Une des plus grandes hontes de ma vie, je dois l’admettre. Surtout après l’avoir répété une bonne dizaine de fois avec le plus grand naturel du monde.

Et pour conclure, j’ai constaté aujourd’hui qu’un autrichien connaissait mieux l’histoire de France que moi. Et il connaît la Marseillaise mieux que moi, aussi. Soit je suis inculte, soit il est étudiant en histoire. Ce qui, heureusement pour moi, est le cas. L’honneur est sauf.

Prochainement, pour nuancer avec ce grand moment de loose, je vous parlerai de l’usage du français par le peuple japonais. Et croyez-moi, y’a de quoi se fendre la poire, comme dirait Tonton José.

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