Smart & Speedy, vos nouveaux amis

Non, ce ne sont pas les nouveaux héros d’une série japoniaise avec des guerriers surpuissants qui se tapent sur la tronche à grands coups de pouvoirs magiques. C’est ce qu’on pourrait appeler la logique japonaise. Je m’explique un peu : tout, au Japon, semble répondre à cette règle de « Smart & Speedy ».

Un peu de contexte pour commencer. Vous voulez prendre le train pour Tokyo. Non, pas depuis Paris, allez de ce pas réviser votre géographie si vous croyiez que c’était possible. Donc vous voulez prendre le train. D’abord, vous allez à la station. A l’entrée de la station, des flèches jonchent le sol (des autocollants, pas des flèches tirées à l’arc, les guerres féodales sont finies depuis aussi longtemps que l’ère féodale), vous indiquant par où aller pour prendre le train, ou encore de quel côté monter les escaliers. Ca fait gagner du temps, et ça évite les bousculades.
Vous sortez votre carte d’abonnement, votre ticket ou votre téléphone pour passer la barrière d’entrée aux quais, comme dans le métro parisien. Oui, on peut utiliser son téléphone pour ça aussi, j’y reviens après. Vous suivez les flèches et les numéros correspondant à votre train.
Sur le quai, des autocollants montrent où seront positionnées les portes du train, ainsi que le numéro de la rame (utile si le train est court, par exemple avec un quai de 15 rames et un train de 10 rames, il faut savoir où on pourra prendre le train). Les gens attendent, en file indienne (enfin, japonaise, mais vous aurez compris le principe), sur les deux côtés de ces autocollants. Parce que les autocollants font exactement la taille des portes.
Le train arrive, les gens descendent de façon fluide, car les gens attendant de monter sont placés sur les côtés des portes. Les gens montent dans le train. Une musique retentit pendant 10 secondes, signalant le départ imminent du train. Une fois que la musique est finie, c’est foutu, vous avez loupé votre train, et n’essayez pas de vous y engouffrer, vous feriez perdre du temps à tout le monde, petit égoïste.
Dans la rame, il y a des bancs, sur lesquels sont assis des gens, sans prendre d’espace inutile. Les rampes sont positionnées intelligemment pour prendre le minimum d’espace. Un écran LCD situé au-dessus des portes indique la prochaine station, le sens de circulation du train, les informations importantes, et un autre écran juste à côté affiche des pubs. Affiches omniprésentes, par ailleurs.
Arrivée à la station. Vous descendez avec le troupeau, prenez le premier escalator, passez les barrières de sortie avec votre téléphone / carte / ticket. Il s’est passé 7 minutes, exactement. Et si vous faites le même trajet demain, ou bien tout à l’heure, il en sera de même. A la seconde près.

Ce que je tente de montrer ici, c’est que tout au Japon est pensé intelligemment, tout est à sa place, rien ne fait perdre de temps. C’est cet ensemble de détails qui est efficace. Imaginez, il suffirait que la musique signalant le départ imminent du train soit diffusée pendant 2 secondes, et juste avant que les portes se referment. On n’aurait pas le temps de réfléchir, et, pressé et donc stressé, on courrait, on pousserait des gens, etc. Ah, oui, c’est le cas en France, autant pour moi. Le fait que cette musique dure un certain temps laisse le temps de réfléchir (« Suis-je assez proche du quai pour avoir le temps de monter dans ce train ? ») plus posément.

Le fait de pouvoir utiliser son téléphone comme carte de train évite de se déplacer avec cinquante objets dans ses poches, et donc de chercher la bonne carte. Pas d’hésitation, c’est le même objet qui sert à de nombreux usages. C’est comme si vous aviez une seule clé pour votre maison, votre voiture, votre antivol de vélo, pour entrer au bureau, pour retirer de l’argent, et pour vous connecter à votre boîte mail. Un ensemble de détails dans la vie de tous les jours qui rend cette vie bien plus confortable. Je sais déjà que l’organisation à la japonaise me manquera quand je reviendrai, et je sais pourquoi.

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