Free Hugs

Note : Au départ, j’étais parti pour faire un post un peu marrant, histoire de me la jouer « gars cool de l’intraweb ». Je voulais même faire un dessin pour illustrer (sans blague) mes propos. Seulement voilà, il s’est avéré après relecture que niveau humour, c’était pas ça. e qui est à mes yeux une raison tout à fait valable pour conserver l’intégralité des vannes de bien piètre qualité de ce post.L’hygiène est au Japon ce que Georges Clooney est au cinéma : un exemple à suivre (what else?).
En effet, les japonais, que nous appellerons aujourd’hui ninjas, ont une hygiène irréprochable. Vous pensiez que les ninjas portaient des masques chirurgicaux pour cacher leurs dents, pour se protéger de l’haleine de leurs compatriotes, ou encore pour ne pas être reconnus par la presse à scandales ? Que nenni ! Le ninja masqué l’est non pas pour se protéger des autres, mais pour protéger les autres de lui-même, lorsqu’il est atteint de maladies telles que la grippe, le rhume, la dysenterie ou encore la fièvre j**ne (désolé). Quoique comme beaucoup de femmes ninjas portent ce masque, je pense qu’il sert aussi à cacher le fait qu’on a bien foiré l’application de son rouge à lèvres, ou bien qu’on ne s’est pas épilé la moustache depuis 15 ans.

Autre exemple : dans la rue, aucun papier ne vole, aucun excrément animal ne vient se glisser sous vos chausses fraîchement achetées, aucun sac poubelle crevé. Les ninjas ne laissent aucune trace derrière eux. Les ninjas trient aussi leurs déchets, bien mieux que nous autres européens : verre, cartons d’emballage, inflammables, emballages plastiques, non inflammables, déchets organiques, piles, armes chimiques, tous sauf le dernier doivent être triés.
On peut vraiment manger par terre dans la maison d’un ninja. Grâce à une règle simple : on se déchausse à l’entrée de l’habitation. Ainsi, finie la boue ramenée dans toute la maison par le petit Jimmy qui revient du club de foot, et plus besoin d’acheter le nouveau Monsieur Pourpre qui lave bien mieux que celui d’avant qui était quand même bien moisi.
Et encore, je ne vous parle pas des légendaires toilettes ninjas (je vous mets ça de côté pour plus tard).

Tout cela pour arriver à la conclusion suivante : les ninjas sont propres. Tellement propres qu’ils n’entrent pas en contact les uns avec les autres. Je veux dire par là, pas de contact physique.
Les ninjas ne se serrent pas la main, ni ne se font la bise, ils se saluent d’un hochement de tête en citant une formule ninja ancestrale qui signifie probablement qu’ils ne se poignarderont pas aujourd’hui. Les ninjas amis se touchent peu (ne pas sortir cette phrase de son contexte). En fait, tout rapport à une personne physique est contourné pour ne pas brusquer cette personne. Par exemple, on ne pointe pas du doigt chez les ninjas, éventuellement on indique vaguement avec la main toute entière tournée dans la direction souhaitée.
Autre conséquence d’être un peuple réservé et peu expressif en public, les ninjas amoureux ne roucoulent pas. Quelques couples, sûrement ceux qui s’aiment d’un amour fou et incommensurable (j’aime bien ce mot), se tiennent par la main. Ce qui est déjà un extraordinaire signe ostentatoire qui devrait en choquer plus d’un. A ce jour, j’ai dû voir un, voire deux couples, s’embrasser. Et encore, c’était un petit bisou volé un peu en cachette. Remarquez que pendant ce temps, la natalité ninja baisse depuis quelques temps déjà. De là à dire que c’est lié, il n’y a qu’un pas que je ne ferai pas car il n’y a évidemment aucun lien.

Et un beau jour, quelque chose m’a étonné. Vraiment. Une personne avec une pancarte « Free Hugs ». Une apprentie ninja (étudiante en Narutologie ou un truc du genre) proposant des câlins gratuits.
N’y voyez pas de proposition indécente, si vous ne connaissez pas ce phénomène je vous laisse le soin de gougueuler l’expression. Et contrairement à la plupart des personnes que j’ai pu voir porter cette pancarte, c’est-à-dire des ados boutonneux, des boudins, des émos suicidaires (ouh le beau pléonasme), ou encore des fripons s’amusant à parodier le terme (« Free Tibet », ah quelle bande de plagieurs, ou encore « Free Fuck » pour les amis de la poésie), c’était quelqu’un de normal. Enfin, un ninja normal.

Et vous savez le plus drôle dans tout ça ? Je n’ai pas osé lui demander un free hug, parce que je me suis dit que compte tenu de la culture locale, les gens trouveraient cela bizarre. Comme quoi on se fait parfois plus vite que l’on ne pense aux coutumes locales. J’espère qu’ils vont bientôt m’apprendre à courir sur les murs et à disparaître dans un nuage de fumée.

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