Harajuku m’a tuer

Ma cornée rétinienne est saturée. Cette surcharge d’informations provoque une centaine d’explosions nucléaires successives dans mon cerveau. Je suis à Harajuku, le quartier de la mode tokyoïte, et je viens de prendre une grosse claque visuelle.Je m’explique. Comme vous le savez certainement déjà, Tokyo est avec Paris, Milan et New York une des capitales de la mode. On y trouve donc pas mal de jeunes gens habillés de façon ultra-branchée, et quand je dis ultra-branchée, c’est parce qu’on a vraiment l’impression qu’on les a branchés sur une prise électrique. Suffit de regarder la coupe de cheveux de l’étudiant japonais moyen pour comprendre.
Jusque là, je trouvais que mis à part le fait que la mode locale paraîtrait bien étrange à de nombreux français, c’était pas si révolutionnaire que ça, finalement. En tous cas cela ne m’étonnerait guère de voir débarquer le même style de vêtements chez nous d’ici cinq ans. La mode japonaise n’étant qu’une mode comme les autres, avec ses codes , ses formes, et ses couleurs.Je me plantais sur toute la ligne. Jamais une boutique française ne proposera ce que j’ai vu. Il y a ici une gargantuesque variété de vêtements.
Là où la mode française propose différents styles (genre « sortie en boîte », « casual », « sportif », « classieux »…), la mode japonaise dispose d’un spectre de styles, une sorte de tout englobant tous les styles à la fois.
Je ne saurais décrire tel ou tel style vestimentaire local, car il y a un nombre de nuances hallucinant qui brouille les frontières entre les styles. Il est en fait quasi-impossible de décrire des catégories d’habillage.

Autre élément incontournable : le choix des couleurs. On parle toujours de saison « orange », « bleue », etc quand on montre ce qui est à la mode de chez nous ou pas. Ici, on trouve dans le même magasin une veste de costard bleue flashy, une ceinture tête de mort et un jean rose (oui les nippons aiment le rose, ce sera le sujet d’un autre post), à côté d’une tenue mono ou bichrome tout ce qu’il y a de plus classique.

Le résultat : Chaque boutique est un festival de variété vestimentaire. Associez à cela l’optimisation de l’espace toute japonaise, et ça donne une saturation du nombre de choix dans une seule et même boutique. C’est pourquoi le shopping nippon fatigue bien plus que le shopping français : beaucoup plus de données à analyser en moins de temps. Cette variété procure la sensation de pouvoir se créer « son » propre style vestimentaire, ou tout du moins de pouvoir trouver les vêtements qu’on aimerait porter, de recréer son soi vestimentaire imaginaire.

Si je vivais ici, je deviendrais très probablement un accro au shopping.
Mentions spéciales :

  • à la plupart des boutiques qui pratiquent des prix tout à fait acceptables pour des fringues aussi branchées
  • à la boutique assez classique qui passait du métal en musique de fond, sans que les clients fuient en pleurant du sang
  • à la boutique Glam, qui vend des fringues qu’on croirait sortis d’une soirée SM
  • à la boutique Borsalino, exposition à l’appui, sauf que pour le chapeau à 600€ je reviendrai dans une dizaine d’années hein.

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