Pokémon, chroniques d’une saga immobile (1/2)

Ca y est, la cinquième génération de Pokémon est de sortie. Et pour la première fois depuis 1999, je n’achèterai pas un jeu Pokémon. Retour en arrière.

« Dis c’est quoi ton jeu avec des monstres, Poquette Monsteurze machin là ? »

Noël 1999. Pokémon Version Rouge et Pokémon Version Bleue viennent de sortir en France, dans l’indifférence générale. Pendant que la machine marketing démarre lentement mais sûrement chez Nintendo, quelques joueurs connaisseurs découvrent un titre étrange, inédit et bizarrement addictif. Je n’en fais pas partie.

On a tous eu une connaissance, pote ou cousin chez qui on voulait toujours aller parce qu’il avait toujours le dernier jeu vidéo à la mode. C’était mon cas, et si je me souviens encore du jour où on m’a montré le premier jeu Pokémon en français, c’est parce que :

  • On est un jeune garçon qui se bat avec des monstres
  • Le jeu est en français intégral, chose très rare en 1999, surtout dans l’univers du RPG
  • Les monstres ont des attaques faibles ou fortes selon l’adversaire selon une mécanique pierre-feuille-ciseaux à priori évidente (parce que poison > plante < vol > combat > roche voilà quoi)
  • Le jeu est en français intégral, oui je l’ai déjà dit mais même les noms des monstres ont été traduits.

C’est donc en février 2000, un mois avant les débuts de la série animée pub la plus longue de l’Histoire, que je réunis enfin les fonds nécessaires à l’achat de Pokémon Version Bleue. Pourquoi la version bleue me direz-vous ? Parce que le héros y a le même prénom (par défaut) que moi, et ça c’était vraiment trop la classe. Bref je découvre ce petit monde du jeu de rôle simplifié, et la possibilité, que dis-je la nécessité de faire des échanges avec ses potes pour avoir l’intégralité des bestiaux…

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Oui cette photo est dégueulasse mais mon APN vient de me lâcher.

« – Hé, ça te dirait… d’échanger ? – Ouah t’es fou, pas à l’école la maîtresse va nous gronder »

Car pour la première fois rester dans son coin ne permet pas de finir le jeu de fond en comble. Hérésie, il faut carrément sortir de chez soi et aller se sociabiliser avec d’autres possesseurs de Game Boy ! Ah oui, mais d’abord passe à la caisse et paye ton Game Link 10 euros, et oui en 2000 j’étais déjà passé à l’euro.

D’ailleurs ces Foutus. Câbles. D’échange. Parce qu’à chaque nouveau modèle de Game Boy le câble d’échange changeait, parfois donc tu voulais faire un échange avec un pote, mais non ça ne fonctionnait pas parce que ton câble rentrait pas (l’histoire de ma vie) et t’avais aucun moyen de le savoir, tu devais juste subir l’essai/échec répété pour finir par te trimballer avec trois câbles différents, bonjour la portabilité du bouzin. Bref.

Autre frustration : Mew, le 151ème Pokémon qui faisait jaser dans les cours de récré. Parce que là où au Japon et aux US le précieux était dispo lors de pleins d’évènements (sortie du film, distribution gratos chez Toys ‘R’ Us…), en France il fallait être finaliste d’un putain de tournoi national (= être majeur ou accompagné et assez friqué pour se déplacer à chaque nouvelle poule), du coup il y a 16 Mews First Gen officiels dans l’Hexagone, aha suicide.

Tout ça pour dire qu’assez rapidement la Pokémania fait son effet, parce que les gosses c’est rien que des hyperconsommateurs prêts à faire acheter n’importe quoi à leurs parents du moment que ça se collectionne. Du coup, la prochaine fois on arrête le sentimentalisme et on enchaîne tout le reste de la saga.