Quick Save

Entre le 2 et le 5 mars 2012, Quick a lancé son Dark Vador Burger, sandwich ô combien particulier puisque son pain est complètement noir. Non, pas de grillade ou de charbon à l’horizon, mais simplement une teinture alimentaire à l’encre de seiche qui rend le pain un peu plus mou. Curieux de cette nouveauté culinaire (ahem), je suis parti en quête de cette première mondiale. Voici mon histoire.

Jour 1

N’étant pas spécialement fan de space opera, ce n’est pas le fait que ces burgers soient brandés Star Wars qui m’intéresse… mais plutôt la curiosité de goûter un pain noir. J’aime bien goûter ce type de produits qui sort des sentiers battus, et autant vous dire que ce sont rarement des produits sains. Ajoutez à cela une amie qui travaille au QG de Quick et alimente (ba dum psh) le buzz en annonçant deux jours avant sa sortie que ce burger vaut bien le détour.

Deux jours après le lancement du Dark Vador Burger, sur la route avec des amis, nous cherchons quoi faire de notre soirée. Soudain, révélation, je propose une soirée Wii et Fast food, et ça tombe bien vu qu’un Quick est sur notre route. A l’unanimité, nous nous arrêtons donc dans un restaurant de la franchise, à côté d’un des plus grands centres commerciaux de France. Il est 21 heures, et ce que je redoutais arrive : le Dark Vador Burger est en rupture de stock.

A la place du précieux, je prends par dépit un Long Bacon au goût amer de défaite. « Ce n’est pas grave, il me reste encore deux jours. » En plus, la Wii du copain nous a lâchés.

Jour 2

J’annonce gentiment ma déception à ma Quickopote, qui me répond avec autant d’humour : « Victime de son succès, navrée pour toi ! ». Ah, cette superbe formule… Vous savez quoi, ça doit faire deux ans qu’on voit ce type d’affichette dans les McDo et Quick, et je trouve cette formulation extrêmement hypocrite. Car cette phrase est  tournée de façon à renvoyer la faute vers le consommateur et non pas vers le restaurateur. Bien sûr, on l’utilise pour éviter que les clients mécontents se fâchent en pointant du doigt l’incompétence des équipiers et de la Terre entière, mais c’est trop facile. C’est l’offre qui doit se plier à la demande, pas l’inverse, et si un produit n’est plus disponible c’est à son fournisseur d’en assumer la responsabilité.

Bref, je m’égare. Pour ma deuxième tentative donc, je vise cette fois un Quick en centre ville, souvent à trois quarts vide de clients, sûrement la faute à un McDonald’s situé de l’autre côté de la rue et présent depuis bien plus longtemps. Il n’est même pas 20 heures quand j’ouvre la porte du restaurant, et l’absence de clients sonne comme un mauvais pressentiment. Bingo, rupture derechef. « Trop de succès ! »

Dans un élan de colère et de négation, je sors du restaurant pour remplir les poches de la concurrence. Le McDonald’s est plein aussi rapidement que mon ventre après un Best Of Mc Bacon. Le lendemain, l’ami Youé témoignera d’une expérience similaire, choisissant lui aussi le boycott de Quick. Comme il le dit si bien, « ça leur fera les pieds ».

Jour 3

C’est le dernier jour de l’opération Dark Vador Burger, et j’ai déjà perdu espoir. Je me pose quelques questions existentielles de marketer qui m’amènent à une conclusion terrifiante : Quick ne croit pas en son burger. Lancer un tel sandwich était en effet un pari risqué, et Quick a sûrement joué petit bras dans ses prévisions de stock. Après tout, un pain noir, c’est un pain cramé, un pain au charbon dans l’imaginaire collectif. Ce produit ne serait donc qu’un test pour vérifier si on peut sortir des burgers de n’importe quelle couleur. Mais d’un autre côté, une telle méthode serait en complète contradiction avec le fait d’avoir sorti ces burgers colorés sous la marque ultra populaire Star Wars…

Je réfléchis trop. Il est 16 heures, plein milieu d’après-midi, et je tente une dernière fois ma chance au même Quick que la veille. Je ne m’attends plus à grand chose, après tout je ne sais même pas si les franchisés sont réapprovisionnés quotidiennement. Pas besoin d’entrer dans le restaurant pour vérifier : on peut voir de l’extérieur un gigantesque autocollant sur l’affiche, nous narguant depuis ses trois mètres de hauteur. « Trop de succès ! »

Dépité mais pas surpris, je décide donc de laisser Quick profiter de cet éphémère succès pendant que je vais à Monoprix m’acheter des produits dignes de Bridget Jones. Milka aux Oréo sur les bons conseils de Kitsuntsun, Milka au Daim si jamais la version Oréo ne me convient pas, des nouveaux cookies géants de Granola et finalement un smoothie pour me donner bonne conscience.

Je ne sais pas si j’ai simplement eu un manque de chance ou si Quick a sous-estimé son produit, mais je suis certain d’une chose : je ne suis pas près de remettre les pieds chez Quick.

7 pensées sur “Quick Save”

  1. Je ne connais pas les détails de la fabrication du pain noir, mais l’encre de sèche n’a rien de malsain.
    Cela fait bien longtemps que les paëlla à l’encre de sèche existent pour la simple et bonne raison que ça coute moins cher que le safran.

    PS : ça n’a pas de goût (à moins de s’enfiler un verre d’encre pure évidemment. Mais comme c’est un colorant très puissant (pas folle la sèche) il est extrêmement dilué).

    1. En effet l’encre de seiche n’est pas nocive, j’avais eu l’occasion de manger des pâtes noires au Japon. Je dis simplement qu’en général les produits bizarres que je goûte ne sont pas sains, mais j’avoue que ma tournure de phrase prête à confusion… Concernant la paëlla je me coucherais moins bête en tous cas !

    1. L’article est intéressant, mais ne prend malheureusement pas de position claire sur le produit… Ceci dit, bien que la théorie et l’investigation soient plus que légères, les exemples utilisés sont tout à fait comparables.

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