Sceaux d’approbation vidéoludiques, édition 2016

2016, drôle d’année qui a marqué beaucoup de changements dans le monde du jeu vidéo : le début des consoles demi-génération, la sortie d’arlésiennes en développement depuis les années 2000, des mises à jour modifiant et enrichissant de plus en plus les jeux, les prix sacrifiés de plus en plus tôt, la poursuite de la dématérialisation du média… Tout ceci permet de sortir les jeux plus vite, plus tôt, plus souvent et plus longtemps : si ça marche, on continue le développement, si ça ne marche pas, on arrête les frais. Le jeu vidéo est désormais une affaire de papas et de gestionnaires.

Le slogan de 2016 ? « User engagement », alias la fidélisation : motiver par la satisfaction des clients leur propension à acheter à nouveau en dépit des facteurs situationnels. En bref, si le joueur est content, il n’ira pas voir ailleurs même si c’est mieux ailleurs. C’est le meilleur moyen de se sortir de l’actuelle course à la surenchère, dont les coûts commencent à sérieusement peser sur l’avenir de l’industrie. Une affaire de gestionnaires je vous dis. Dans la pratique, ça devrait donner des jeux moins ambitieux, mais mieux maîtrisés.

Pour ma pomme, 2016 c’était 32 jeux commencés, 19 terminés, et 52 achetés alias 350-balles-de-jeux-auxquels-je-n’ai-pas-encore-touché. C’est moins de jeux qu’en 2015, mais vous comprendrez pourquoi quelques lignes plus bas. D’ailleurs, c’est parti pour ma sélection avec trois catégories et trois nommés par catégorie, comme chaque année !

Les jeux les plus marquants

Ceci n’est pas un montage : les temps de chargement sont parfois de vilains trolls.

En 2016, j’ai passé 200 heures à parcourir les recoins d’un New York froid et dévasté par un attentat biologique. 200 heures, c’est 4,7% de mon temps éveillé en 2016. Si on m’avait dit qu’un jeu de tir mangerait à ce point mon temps libre… Mélangez un excellent système de tir à couvert avec les mécaniques de progression d’un jeu de rôle en ligne, et paf, le mélange fonctionne hyper bien. Le jeu a connu un gros coup de mou l’été suivant sa sortie, mais Massive et Ubisoft ont pris le temps et les moyens de tout remettre au propre courant octobre, mea culpa qu’on ne peut que saluer.

Jamais un jeu vidéo ne m’a rendu aussi triste pour les bonnes raisons. D’une part je ne m’arrange pas avec l’âge, mais d’autre part Soldats Inconnus est tout sauf un tire-larmes facile. On s’attache à ces personnages, arrachés de leur quotidien paisible par l’horreur de la Grande Guerre, et pourtant on sait dès le départ que tous ne survivront pas au voyage… Son histoire touchante fonctionne aussi de par son interactivité, avec des puzzles sympathiques assez simples pour qu’on enchaîne les scènes et suffisamment variés pour qu’on ne s’ennuie jamais.

Adam Passion cacher des corps n’importe comment

En bon consoleux, j’ai découvert Deus Ex en 2011 avec le reboot / prequel Human Revolution, un des rares jeux abordant avec intelligence des problématiques de société. L’attente était forte -5 ans, c’est long- pour Mankind Divided, et si son scénario laisse à désirer et que l’évolution des compétences d’Adam Jensen est trop calquée sur celle du jeu précédent, force est de reconnaître que c’est peut-être le meilleur monde ouvert auquel j’ai joué. Les missions secondaires sont toutes intéressantes, chaque lieu, chaque personne qu’on croise est lié au reste de l’univers du jeu, on y croit et c’est assez fou.

En tapant cet article, j’ai retrouvé mes captures d’écran d’Uncharted 4. Et à peine 6 mois après l’avoir fait, j’ai déjà oublié toutes les scènes dont j’ai fait des captures d’écran. Autant vous dire que niveau « jeu le plus marquant », c’est loupé. PAR CONTRE, la superbe scène de poursuite à Madagascar brouille parfaitement la frontière entre phases de contrôle et scènes scriptées. La dernière fois que j’ai vu un jeu relever le niveau à ce point, c’était God of War III, et j’ai hâte de voir comment d’autres studios prestigieux vont s’approprier ce genre d’idée.

Les bonnes surprises

Image entièrement réalisée avec le chouette mode photo du jeu

Mad Max fait partie de ces jeux de transition, commencé un peu à l’arrache en décembre 2015 et fini début 2016. Le jeu en monde ouvert mélangeant action à la Batman et poursuites à la Burnout n’invente rien de fou, n’est pas hyper mémorable et souffre de la comparaison avec le film sorti la même année, mais c’est un peu la nouvelle Ombre du Mordor pour moi. Un gameplay terriblement efficace, un univers aux petits oignons, et quelques bugs rigolos. Rouler à fond de balle à la recherche d’un abri de fortune sous une tempête d’éclairs, ça n’a pas de prix.

J’avais joué à une démo de The Last of Us sur PS3, et son introduction -qui a déjà très mal vieilli- ne m’avait pas convaincu. Suivant le conseil de gens de confiance, j’ai fini par retenter le coup sur PS4. Et… dans ses moments les plus scriptés, The Last of Us n’est pas un très bon jeu vidéo : ses phases d’infiltration sont ratées et ses phases d’action mollassonnes. Heureusement, il y a ces moments où le jeu lâche la bride et nous laisse explorer les restes d’un monde plus dévasté par l’Homme que par l’Apocalypse elle-même. Ces phases d’exploration urbaine et de découverte sans objectif précis sont de vrais moments mémorables où The Last of Us brille par son écriture et son sens du détail.

Shovel Knight -l’épisode originel bientôt renommé Shovel of Hope- figurait déjà dans mon top de 2014. Deux ans plus tard et suivant son programme de contenus gratuits financés par sa campagne Kickstarter, le jeu a enfin accueilli une nouvelle campagne centrée sur un des boss du jeu. Plus qu’un rhabillage des niveaux, on a droit à une adaptation de certaines séquences, de nouveaux bosses, mais surtout des mouvements refaits de A à Z apportant une vraie fraîcheur au jeu. Et c’est gratuit si vous achetez le jeu de base avant le prochain printemps !

Les jeux à côté desquels vous êtes certainement passés et c’est bien dommage

Infinifactory est une simulation de chaîne de montage… Mais pas que, car il fait partie de ces jeux qui vous rendront plus intelligents. Niveau après niveau, le jeu distille avec génie ses idées loufoques et nous guide sans qu’on s’en rende compte. Chaque fois qu’on pense avoir LA solution universelle, un nouvel obstacle apparaît pour nous forcer à penser autrement. Et ce n’est jamais frustrant car l’essai/échec est extrêmement simple et rapide, et parce que la vraie solution est toujours là, à portée de main, juste 5 minutes de plus et oups il est 2h du matin.

Il aura fallu 12 années de développement à un argentin fan de Metroid pour développer seul un remake complet de l’épisode Game Boy, et 12 heures à Nintendo pour balayer ce travail d’un revers d’avocat. C’est dommage, car Another Metroid 2 Remake remplit très efficacement le vide laissé par l’absence d’épisode canonique depuis 2010. Le défi -moderniser façon Zero Mission le jeu le plus désuet de la série- était de taille, et non content de recréer parfaitement la physique et les mouvements des épisodes Game Boy Advance, le jeu apporte quelques idées originales plutôt bien pensées. A faire absolument pour les fans de la série.

Grow Home, sorti de nulle part, était une belle surprise de 2015. Un an plus tard, Ubisoft récidive avec une suite qui marque tous les bons points de ce qu’une suite devrait proposer. Plus grand, plus riche, plus fluide, plus beau et moins frustrant, c’est une nouvelle bouffée d’air frais, c’est l’aventuuure. Comment ne pas aimer un jeu qui vous donne comme mission principale : « Retrouvez mes autres zirgouflex. Vous avez toute ma pastèque. » ?

Bref, 2016 a été une très, très belle année pour le jeu vidéo. Le plus chouette, c’est qu’il me reste à découvrir une grande partie de sa cuvée : The Witness, Oxenfree, The Last Guardian, Hyper Light Drifter, Salt & Sanctuary, Firewatch, Rise of the Tomb Raider, Dark Souls III, Final Fantasy XV… De quoi démarrer 2017 plus que confortablement !

Sceaux d’approbation vidéoludiques, édition 2015

En avant 2016 ! Et en avant pour le traditionnel bilan annuel ! Beaucoup trop d’enthousiasme dans ce début de post !

2015, c’était pour moi 40 jeux commencés, 29 terminés, eeeet 47 jeux achetés, rechute consumériste après un court moment d’espoir lors du bilan précédent. Moins de jeux joués certes, mais pas moins de temps de jeu, car si j’ai joué à moins de titres, j’ai surtout joué à des titres bien plus riches que les années précédentes. Je vous en reparle plus bas.

Premier bilan : après quelques bourgeons l’année précédente, 2015 est ENFIN la première année de la nouvelle génération… avec ses hauts et ses bas. Les gros titres ne manquent pas d’ambition, mais on commence sérieusement à sentir un certain double tranchant. Malgré les retards à répétition, les jeux sortent dans un état limite injouable à leur sortie, avec un contenu de plus en plus famélique, des performances techniques aux fraises, et des pans entiers de contenus et systèmes sacrifiés à l’autel du sacro-saint jour de lancement. De quoi pousser quelques coups de gueule, surtout quand au même moment fleurissent les précommandes à 6 mois de la sortie, les contenus additionnels sans contenu et développés à la va-vite, les Season Pass opaques et hors de prix… Bref, les gros titres sont de plus en plus survendus, plus que jamais faites vous votre propre idée avant d’acheter, la presse JV est là pour ça.

Zéro originalité dans ma liste de jeux avec deux licences « originales » cette année : The Order « Gears of War en plus court » 1886 & Mad « un petit air de Batman » Max. J’ai même joué à 5 suites de jeux indé, cette tristesse. Heureusement, derrière pas mal de suites se cachait un véritable renouveau pour pas mal de licences cette année, très bonne surprise.

Le slogan de 2015 ? « Partout, sauf sur Wii U ». Nintendo a réussi l’exploit d’enterrer simultanément ses deux consoles, tout en se mettant aux contenus additionnels cradingues et aux jeux pas finis. Judas. Pendant ce temps, Sony ressuscite les vieilles licences, gagne la faveur du public sans sortir de jeux, et fait revenir femme et santé sur consultation (biffer les mentions inutiles). Un indice de leur force de frappe médiatique ? Ils ont présenté leur casque de réalité virtuelle DIX fois en 2 ans sans annoncer prix, date de sortie, ou contenu de lancement. Balaise.

Trève de billevesées, comme chaque année, trois catégories, trois nominés par catégorie, tous pas forcément sortis en 2015, c’est parti !

Les jeux les plus marquants

PhantomPain

J’ai une affection toute particulière pour Metal Gear Solid, comme en témoigne ma participation à ce podcast sur la franchise. Ground Zeroes m’avait déjà beaucoup plu, et je ne pensais pas que The Phantom Pain irait plus loin à ce point. Le jeu est magnifique, ses systèmes de jeu sont imbriqués et réglés avec une précision chirurgicale, et son rythme oscille parfaitement entre longs repérages au calme, infiltrations progressives et situations d’urgence. Par contre, jamais de mémoire l’amputation d’un jeu n’a été aussi visible et violente. C’est peut-être ça, La Douleur Fantôme…

inFAMOUS Second Son

J’avais trouvé les 2 premiers inFAMOUS un peu mous, c’est pour cette raison que Second Son traînait sur mon étagère depuis un an, acheté sans grande conviction avec ma PS4 car c’était selon la critique un des seuls bons jeux de la machine. Et que j’ai aimé ce monde ouvert grunge ! C’est un vrai chouette simulateur de super-héros, avec des pouvoirs grisants et une ambiance aux petits oignons. C’est beau, c’est fluide, c’est BIEN, et pour ne rien gâcher ça contient en bonus un chouette jeu en réalité alternée (ARG).

ArkhamKnight

Après le monde ouvert d’Arkham City, difficile d’imaginer ce que sa suite pourrait ajouter à la recette Batman. Et puis Arkham Knight est arrivé en Batmobile, multipliant toutes les phases de jeu par 2, rien que ça. Le monde est plus grand, mieux rempli, plus immersif, les combats sont plus pêchus, et si les fans du Chevalier Noir devineront la fin assez vite, le voyage garde de très bonnes surprises dans son sac.

Les bonnes surprises

Undertale

Fait étrange : personne n’a vu venir Undertale, pourtant financé collaborativement a mille pourcents il y a 2 ans et demi. Jeu de rôle faussement rétro, c’est surtout une expérience narrative qui joue jusqu’au bout avec les codes du genre. Chacun de vos choix comptera, et chacune de vos contradictions vous sera gentiment lancée à la figure là où vous ne vous y attendez pas. Le tout est accompagné d’une bande-son de feu (un morceau par moment de jeu), jouez-y au lieu de regarder un Let’s Play, ce serait passer à côté de 50% du jeu.

GrowHome

Ironie du sort : la meilleure simulation d’escalade de tous les temps n’est pas un Assassin’s Creed, mais une production Ubisoft de bien plus petite envergure et un peu sortie de nulle part. Petit robot aussi agile qu’un bébé ivre, vous devez grimper toujours plus haut à la force de vos bras de mousse et à l’aide d’une végétation qui n’attend que vous pour pousser vers le Soleil. Chaque chute a beau nous faire perdre du temps, on admire et on se laisse aller, porté par le vent sous une pâquerette ou une feuille d’arbre. Zen.

SleepingDogs

Oui, j’arrive après tout le monde. Sleeping Dogs, initialement sorti en 2012 et enfin pas trop moche sur PS4, est un peu rigide, un peu laid, et très classique dans sa structure. MAIS il dégage une aura inégalée que les fans d’Infernal Affairs (Les Infiltrés pour le remake) adoreront. L’ambiance d’Hong Kong et ses triades est là, avec ses quartiers flamboyants, ses luttes de pouvoir, ses vengeances familiales et ses coups de traître. C’est simple : TOUS les personnages sont attachants et crédibles, jusqu’à votre pauvre voiturier que vous laisserez plus d’une fois seul au milieu de l’autoroute. Mais bon, c’était urgent, j’avais karaoké.

Les jeux à côté desquels vous êtes certainement passés et c’est bien dommage

AxiomVerge

Vous aimez Metroid, pardon, Super Metroid ? Axiom Verge en est une copie carbone, du genre qui en mange trois fois par jour. De l’ambiance sci-fi cradingue aux mécaniques plate-forme/action millimétrées, en passant par un monde qui s’ouvre à vous au fil des améliorations débloquées, tout ce jeu respire l’amour du classique de Nintendo. Oh, et sa bande-son techno-flippante défonce aussi.

DualDestinies

Phoenix Wright, dépassé ? OBJECTION ! Le meilleur avocat de la planète (100% de réussite, ça ne s’invente pas) est de retour dans ce 5ème épisode canonique, et le premier de la série en 3D. Au-delà de l’aspect graphique ce nouvel épisode n’a pas de grosses nouveautés, mais encore une fois le scénario est maîtrisé de bout en bout, pas une seule affaire n’est ennuyeuse et l’humour est omniprésent. Attention par contre, le jeu est en anglais et en dématérialisé uniquement, mais reste un très bon opus pour démarrer la série.

TheOrder1886

The Order c’était un peu le gros jeu PS4 que tout le monde attendait. Le Gears of War de Sony. Sans multijoueur et avec son unique mode de jeu bouclé en 5-6 heures, forcément ça déçoit un tantinet. Passé ce cap, The Order reste quand même un jeu très convaincant. Le Londres victorien fantaisiste de Galahad intrigue, les phases de tir sont nerveuses, le personnage répond au doigt et à l’œil… Et c’est magnifique. A ne pas manquer si vous avez une PS4, surtout à une vingtaine d’euros.

Mentions spéciales hors catégories : Final Fantasy XV Episode Duscae & Rocket League

Oui, je vous parle bien d’une démo d’un jeu qui lui n’a pas encore de date de sortie. Je ne suis pas un grand joueur ou fan de Final Fantasy, mais l’orientation action de cet épisode m’intrigue depuis son annonce. Et la démo -un peu compliquée à obtenir- a confirmé mon attente : FFXV a le potentiel pour nous mettre de grosses baffes dans la tronche. Mais vous en parler plus serait gâcher la surprise.

Et puis il y a Rocket League. J’ai un vague souvenir de Supersonic Acrobatic Rocket-Powered Battle Cars, un jeu de bagnole très arcade ou on devait placer un ballon géant dans une zone adverse. C’était un jeu PS Plus, c’était pas fou, mais rigolo. Flash forward à l’été 2015, où Rocket League, son successeur, sort et est offert aux abonnés PS Plus. Simplifiant et peaufinant à l’extrême le concept de foot avec des voitures, il est rapidement devenu le jeu-de-la-pause-déjeuner-au-bureau auquel on joue encore aujourd’hui. La marge de progression dans la maîtrise du véhicule est énorme, les possibilités tactiques ultra nombreuses, et surtout on peut jouer à 4 sur un même écran. C’est bien simple, je n’avais pas vu cela depuis Street Fighter IV.

Tout ça pour dire qu’une fois encore en 2015, les jeux vidéo ont continué à me surprendre pour le meilleur et pour le pire, et qu’avec tous les gros jeux de début 2016 ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Sceaux d’approbation vidéoludiques, édition 2014

2015 touche à sa fin, quel meilleur moment pour vous parler des meilleurs jeux de 2014 ? Hein ? Vous auriez préféré ça fin 2014 ? Ah oui.

Je vais vous avouer quelque chose : les trois quarts de cet article étaient écrits il y a un an, dont le bilan. Et puis j’ai complètement largué ce blog. Depuis le début du blog, et particulièrement ces deux dernières années, je cherchais une forme différente des autres contenus du Web, sans jamais vraiment trouver. Aujourd’hui, je reviens à la base : j’ai simplement envie de vous parler de mes passions, dont le jeu vidéo. Cet article est donc une première étape de transition vers un blog avec des billets beaucoup plus réguliers, quitte à ce qu’ils soient un peu plus bruts.

En 2014, j’ai joué à 53 jeux, 46 jeux commencés, 39 jeux terminés. Et 40 jeux achetés, ce qui veut dire que pour la première fois depuis que je fais ce petit exercice, j’ai réduit mon backlog. Une lueur d’espoir.

Et il y a besoin d’espoir, car si 2013 était l’année de l’attente, 2014 était l’année de la déception. Fin 2013, tout le monde s’accordait à dire que la nouvelle génération Xbox One / PS4 n’était pas encore là, et force est de constater qu’un an plus tard la transition est tout sauf terminée. Les nouvelles consoles manquent toujours de fonctionnalités promises lors de leur annonce, la majorité des gros titres sont sortis bâclés, creux, en retard… Même les joueurs n’ayant pas encore fait le saut générationnel en payent le tribut avec des versions PS3 et Xbox 360 dégradées, tronquées et mal optimisées.

Tendance du moment, le jeu vidéo passe du produit au service à la carte : jeu en ligne payant, titres non fonctionnels au lancement, correctifs à répétition, contenus téléchargeables payants de moins en moins riches, micro-transactions… Paradoxalement, les jeux n’ont jamais été aussi vastes et riches en possibilités, mais le contenu réellement présent de base est de plus en plus pauvre. En développement, ça correspond en général à… la phase alpha.

2014 était aussi l’année des nouvelles-licences-qui-n’en-sont-pas-vraiment, en témoignent les deux titres « originaux » auxquels j’ai joué, « Assassin’s Creed Temps Modernes » Watch_Dogs et « Assassin’s Creed Seigneur des Anneaux » L’Ombre du Mordor.

Originalité toujours avec Nintendo, l’éternel cas à part, qui a inversé la vapeur en concentrant ses efforts sur Wii U et en relâchant la bride de la 3DS. Oups, déjà trop tard pour une Wii U morte née tandis que la 3DS entame doucement sa chute. C’est toujours mieux que la Vita qui ne subsiste plus que grâce à quelques rares jeux de niche, Sony concentrant tous ses efforts sur une PS4 qui cartonne.

Et sans plus attendre, comme chaque année, trois nominés pour autant de catégories, des titres pas forcément sortis en 2014, c’est parti !

Les jeux les plus marquants

GTA V

Pour moi, ce qui fait un bon GTA, ce ne sont pas les innombrables possibilités qui vous sont offertes, ni son écriture gavée de références aux meilleurs films de gangsters. C’est le scénario au service du gameplay, un prétexte formidable aux situations délirantes dans lesquelles le jeu nous transporte. Et là chapeau bas, Rockstar s’est lâché avec un fabuleux trio de héros qu’on zappe -littéralement- à loisir. Et encore, je n’ai pas joué à GTA Online.

Rogue Legacy

Mettez cette musique d’ambiance avant de lire ce paragraphe. Je me rends compte au fil des ans que trop peu de gens ont joué aux extraordinaires Castlevania 2D de l’époque Game Boy Advance / Nintendo DS. Depuis plus d’un an je gardais cet héritier spirituel au chaud, sachant qu’il me dévorerait tout cru une fois lancé. Une bonne centaine d’heures plus tard, je peux vous garantir que vous ne regrettez pas d’y mourir en boucle. De toute façon ce n’est pas grave, vous reviendrez chaque fois un peu plus fort, jusqu’à ce que vous triomphiez de l’adversité.

Metal Gear Solid V Ground Zeroes

Snake est de retour… ou plutôt de passage. Metal Gear reprend enfin les bonnes idées de ses concurrents -coucou Splinter Cell- y ajoute les siennes, et mélange le tout à la cuillère, pas au shaker. Le cocktail est très bon, mais nous laisse sur notre faim après ses trois heures de jeu. Pas parce qu’il est maigre en contenu, mais plutôt parce qu’on veut la suite. Seul regret, le scénario qui n’ose toujours pas le reboot et préfère s’inscrire dans la continuité de Peace Walker, auquel personne n’a joué. Soit.

Les bonnes surprises

La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor

Mélangez Assassin’s Creed Revelations & Batman Arkham City dans un grand saladier, ajoutez-y le bestiaire générique du Seigneur des Anneaux, et pouf miracle vous obtenez un très bon jeu. Magnifique avec des animations de combat à tomber, des mécaniques de jeu très bien imbriquées et une montée en puissance parfaitement huilée, et si c’était ça la vraie next-gen ? Mention spéciale au doublage français, avec des uruks caragorophobes à souhait (sic).

Hyrule Warriors

J’ai un aveu à vous faire : j’ai beaucoup trop joué aux Dynasty et Samurai Warriors sur PS2. La licence m’avait lassé à cause d’un studio sortant trop de jeux trop régulièrement au détriment de la finition et avec un moteur accusant toujours une génération de retard. Mais avec l’exigence légendaire de qualité de Nintendo, autant vous dire que les amateurs de baston crétine n’ont pas fini de s’amuser. Seul regret : la coop en écran séparé est injouable tellement elle rend le jeu moche et lent.

Tomb Raider Definitive Edition

J’ai enfin comblé un trou dans ma culture vidéoludique et fini tous les Uncharted, c’était très très bien ! Et quel meilleur moyen de boucler la boucle que de jouer au portage PS4 du reboot de Tomb Raider, largement inspiré de la saga de Naughty Dog elle-même inspirée de Tomb Raider ? L’ambiance est au top, avec des séquences d’anthologie dans des décors magnifiques, et un gameplay aux petits oignons. Un nouveau départ très convaincant pour la série.

Les jeux à côté desquels vous êtes certainement passés et c’est bien dommage

Castlevania: Lords of Shadow 2

Je sais très bien que vous avez déjà oublié ce jeu pourtant sorti en février. Certes, il est bourré de défauts : un scénario et une direction artistique faiblards, des allers-retours trop fréquents et des temps de chargement infinis. Mais ça reste tout de même un bon disciple de God of War avec une jouabilité exemplaire, une montée en puissance du héros très agréable et quelques boss que vous n’oublierez pas de sitôt. J’espère juste ce ne sera pas le dernier pieu dans le cœur d’une chouette franchise.

Professor Layton vs Phoenix Wright: Ace Attorney

Ça y est, cette fois c’est vraiment la dernière aventure du Professeur Layton, sortez les mouchoirs. J’étais curieux de la façon dont ces deux licences ayant vraiment peu en commun fusionneraient. Surprise : plus qu’un mélange, c’est carrément une sublimation du meilleur des deux mondes qui nous est proposée. Les mécaniques de jeu propres à chaque licence sont améliorées et alternées de sorte à ce qu’on ne s’ennuie jamais, et le tout est accompagné de magnifiques musiques symphoniques qui donneront des frissons aux fans. Un beau bouquet final pour le professeur gentleman.

Fez

On a tellement entendu parler du créateur de Fez qu’on en oublie presque son coup de génie. Car sous ses airs de petit jeu indé se cache en fait une vraie perle équilibrée, riche, intelligente, innovante. C’est bien simple, aucun titre d’un éditeur majeur ne m’a apporté autant de fraîcheur depuis l’ère 16 bits. Fez exploite jusqu’à l’extrême des mécaniques très simples d’accès, pour moi au même niveau de perfectionnisme qu’un Super Mario Galaxy. Chapeau.

Mention spéciale hors catégories : Shovel Knight

Jeu inclassable réservé aux nostalgiques des Mega Man NES (oui, c’est un segment très pointu), Shovel Knight a été financé collaborativement avec succès, et développé par des anciens de WayForward (souvenez-vous, le bouton câlin). Le jeu est une vraie lettre d’amour au jeu de plate-forme 2D rétro, avec juste ce qu’il faut de moderne : des contrôles répondant au quart de tour, des pics qui tuent en un coup, des ennemis qui vous envoient dans le vide au pire moment, des musiques 8-bit entraînantes, une grenouille qui fait les pires blagues possibles, et le Roi Carpomme mi-carpe, mi-pomme.

Là où les gros poids lourds m’ont dans l’ensemble plutôt déçu (Assassin’s Creed Unity, Watch_Dogs, Super Smash Bros…), ce sont au final les jeux ayant tenté de nouvelles choses qui m’ont convaincu, et heureusement, ils étaient nombreux. Reste à savoir si 2015 verra enfin arriver de bons gros jeux PS4, et si Zelda Wii U sera le chant du cygne de Nintendo avant la prochaine génération… Note : lol Zelda en 2015.

Sceaux d’approbation vidéoludiques, édition 2013

Yaddi yadda, #2014 te voilà.

Bon. Je vous aurai bien dit à quel point le temps passe vite en mettant ici un lien vers le même bilan de l’année passée, sauf que voilà, le bilan en question c’était il y a deux articles. Hop hop hop, on enchaîne.

2013 pour ma pomme, c’était donc 42 jeux joués, 37 commencés, 30 terminés. Comme j’avais eu l’impression de jouer à beaucoup trop de jeux l’année dernière, j’ai aussi noté les jeux achetés au long de l’année mais pas commencés. Ouch : pas moins de 23 jeux entrent dans cette nouvelle catégorie, autant dire qu’il était grand temps de résilier cet abonnement PS +.

Bon, autant le dire tout de suite : 2013 était l’année de #l’attente. GTA V s’est fait désirer quelques mois de plus avant d’engloutir le porte-monnaie du monde entier, Rayman Legends a été repoussé avant d’engloutir le porte-monnaie du tiers-monde entier, Watch_Dogs a hacké sa propre date de sortie et par la même occasion l’intégralité du catalogue de lancement de la nouvelle génération. Ah oui, la next-gen, tellement mieux que la next-gen précédente, a aussi été officiellement dévoilée. A ma droite, PlayStation 4, 6ème console PlayStation et à ma gauche, Xbox One, 3ème console Xbox, sic ad nauseam. Autant dire qu’on va en bouffer du crêpage de chignons, du concours de phallus et beaucoup trop de sérieux. Mais là encore, il fallait réserver ou #attendre début 2014 pour dépenser l’héritage de mamie. Pendant ce temps, la Wii U est le nouveau Gamecube de Nintendo, qui a préféré sortir à peu près un million de bons jeux sur 3DS et un nouveau Pokémon. La Vita a complètement disparu médiatiquement, on #attendra de ses nouvelles en 2014. Et il y a eu plein de suites, que des suites cette année, j’ai joué à 1 jeu non indépendant qui n’était pas une nouvelle entrée d’une franchise, et c’était Beyond. Yep, tout cela sent la fin de génération, pour une nouvelle saga originale on #attend 2014.

Comme chaque année, les titres cités ne sont pas forcément sortis en 2013, trois nominés pour autant de catégories, c’est reparti !

Les jeux les plus marquants

Rayman Legends
RaymanLegends

L’année dernière, je disais que Rayman Origins mettait une pilule à New Super Mario Bros Wii. Rayman Legends fait plus fort : c’est tout simplement le meilleur jeu de la Wii U. Peut-être car c’est un des rares jeux où jouer au Gamepad n’est pas une punition, au contraire, c’est merveilleusement bien exploité, on trouve foultitude de nouveaux mécanismes et la durée de vie est dingue pour un jeu de plates-formes.

Splinter Cell: Blacklist
SplinterCellBlacklist

Vous connaissez mes goûts pour l’infiltration. En plus d’être un excellent représentant du genre, ce jeu est LA définition d’une suite réussie. Tout y est meilleur que dans les précédents opus, avec un appui notable sur l’intelligence artificielle moins artificielle et des ennemis plus variés et nombreux. Le tout agrémenté d’une appli compagnon gratuite très sympathique, une réussite à tous les niveaux vous dis-je.

Kid Icarus: Uprising
KidIcarusUprising

Deux ans, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour m’adapter à la prise en main de ce jeu et enchaîner des sessions de plus de 20 minutes, mais ça en vaut largement la chandelle. Magnifique, drôle, ciselé, surprenant, riche, c’est un vrai triple A qui tient dans cette petite cartouche 3DS. Endurez sa prise en main délicate et jouez-y !

Les bonnes surprises

Luigi’s Mansion 2
LuigisMansion2

Fun fact : Luigi’s Mansion premier du nom est un des rares jeux Gamecube auquel je n’ai pas joué. Son successeur sur 3DS est un des jeux les plus universellement drôles de ces dernières années, probablement parce que chaque décor recèle de secrets et de micro-gags à base d’animations adorables du frère froussard de Mario. La pêche aux fantômes, il n’y a que ça de vrai.

Assassin’s Creed IV: Black Flag
AssassinsCreedIV

Watch_Dogs, jeu next-gen en monde ouvert avec des pirates, et Assassin’s Creed IV: Black Flag, jeu next-gen en monde ouvert avec des pirates, devaient sortir à une semaine d’intervalle. Et ç’aurait été regrettable parce qu’on aurait pu passer à côté d’une excellente simulation de piraterie -la vraie, celle du 17ème siècle. C’est magnifique, l’histoire est chouette, on peut faire plus d’activités qu’au Club Med, même les séquences dans le monde moderne sont sympa.

Donkey Kong Country Returns 3D
DonkeyKongReturns

Après avoir terminé les 2 Mario 3DS avec plus de 150 vies au compteur, je commençais à penser que Nintendo avait définitivement sacrifié la difficulté sur l’autel de l’accessibilité. Que nenni ! Bonus vicieusement disséminés, boss retors et niveaux secrets impardonnables sont savamment équilibrés pour une difficulté parfaitement dosée. Au passage, le format portable est parfait pour ce jeu de plates-formes qui règle les petits soucis de l’original sur Wii.

Les jeux à côté desquels vous êtes certainement passés et c’est bien dommage

Virtue’s Last Reward
VirtuesLastReward

Suite de l’extraordinaire 999 dont je vous parlais il y a deux ans, le deuxième opus de la série Zero Escape est simplement gargantuesque : une durée de vie multipliée par huit, des dialogues doublés, des personnages modélisés en 3D, encore plus d’embranchements de choix… Et comme pour le précédent le scénario va vous retourner la tête. Plusieurs fois. Le jeu est disponible en Europe sur 3DS et Vita, y compris sur l’eShop et le PlayStation Store, vous n’avez plus aucune excuse.

Asura’s Wrath
AsurasWrath

Au lieu d’adapter une série animée japonaise en jeu, le studio nourri aux Naruto et Dragonball Z a décidé de faire une saison d’animé japonais avec un jeu vidéo. C’est complètement crétin et décomplexé, ça pourrait s’appeler « Montée en puissance, le jeu », et c’est GÉNIAL. Ça peut presque se jouer à une main et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde grâce à une excellente mise en scène. Attention toutefois, même si le jeu de base ne coûte plus rien, prévoyez 11€ de plus pour acheter les chapitres additionnels IV, 11.5 et 15.5 et profiter pleinement du titre.

Ghost Trick Détective Fantôme

Comme tous les jeux essentiellement basés sur une histoire, difficile de vous parler de Ghost Trick sans vous en gâcher une grande partie. L’intelligence du jeu est d’intégrer la progression de ses mécaniques à celle de l’histoire, avec des puzzles de plus en plus complexes mais jamais prise de tête. Et toujours drôles. Toujours.

Bref, encore une fois 2013 c’était un peu le grand écart vidéoludique, entre le blockbuster américain et le visual novel japonais… Maiiiis en restant tout de même un peu plus dans ma zone de confort que l’année d’avant. Promis, en 2014, fini #d’attendre, ça va BOUGER.