We’re back, Baby!

Comme le dit si bien le proverbe: « Mais non, mais non, St Eloi n’est pas mort ». Et bien ce blog non plus n’est pas mort, preuve en est qu’il reprend du poil de la bête, crénom de nom! Ah, on me signale que j’ai déjà perdu la moitié de mon lectorat avec toutes ces références obscures et ces phrases sans fin… Remarquez, ça changera pas grand chose vu mon activité ces derniers temps.

Tout ça pour dire qu’après plus d’un an d’absence, Lock-On repart pour au moins quatre mois (je vous dirais pourquoi un peu plus tard) de folie douce et passagère, toujours sur le principe suivant (edit 2011: la phrase qui suit était le credo du blog durant ses deux premières années) :
Chaque jour, un post centré sur un sujet décentré.
Ah si, au passage le site a subi un petit lifting comme le veut la tradition. Enfin je dis ça juste pour faire genre j’y ai passé des heures et je fais tout pour optimiser votre lecture et tout ça, alors qu’en fait j’ai juste changé la bannière (qui est quand même plus cool maintenant).
En tous cas, en espérant que vous apprécierez la lecture, je vous salue bien bas.

Joindre la tuile à l’agréable

Il y a des jours comme ça, où c’est pas de chance. Par exemple, aujourd’hui, pas d’inspiration. Et pourtant, c’est parfois ce même manque de chance qui changera notre point de vue sur la journée.
A titre d’exemple, l’illustration suivante d’une journée pas de chance. Nous ferons comme si nous vivions cette journée en temps réel, ce qui explique un manque total d’objectivité ainsi que quelques insultes gratuites et infondées.
Une « journée poisse » idéale commence dès le réveil, si ce n’est avant. Vous venez forcément de passer une mauvaise ou trop courte nuit (voire les deux), vous avez cauchemardé, et le braillard de mioche des voisins vous réveille en sursaut. A moins que ce ne soit la fuite d’eau de votre voisin du dessus. A savoir que, quoi qu’il arrive, vous êtes déjà en retard. Motivation zéro. Mais vous faites fi de cela et décidez quand même de vous lever (ce qui quand même un peu masochiste dans le fond). Vous vous cognez pile à l’endroit où ça fait mal en vous levant. Et ce n’est que le commencement.
Le café est ignoble, le lait périmé, le pain pas frais. Avec en prime une odeur nauséabonde dans l’air, certainement cette douce brise en provenance directe de la déchetterie située à deux pas de votre porte. Mais vous ne fléchissez pas. Suit logiquement la douche froide, ou la coupure d’eau en plein rinçage, et bien évidemment il n’y a plus de serviettes propres. Si vous êtes un homme, vous vous coupez en vous rasant. Si vous êtes une femme, ou un homme imberbe, vous vous donnez un coup de brosse à dents dans le palais par accident. Vos vêtements sont dépareillés.Vous ne savez plus où vous venez de poser ces stupides clés (car dans des moments comme celui-ci, n’importe quel objet inanimé devient stupide et maléfique). A peine la porte fermée, vous vous rendez compte que vous avez oublié votre portable, ou bien tout autre objet vital (dossiers, cours, ordinateur, carte de membre du club mickey…). Vous ratez votre bus / métro / train , mais bien entendu vous vous êtes essouflé(e) à courir pour l’avoir.
Nous nous arrêterons ici dans le récit de cete journée catastrophique, pour aboutir au point suivant : oui, c’est la poisse, mais des journées comme celle-là ne nous font-elles pas remarquer à quel point une journée « normale » est vivable ? Par exemple, si je n’avais pas eu de panne d’inspiration, je n’aurais pas eu l’idée de cet article. Raisonnement paradoxal, optimisme dans les situations pessimistes, plein de noms compliqués juste pour dire que la volonté humaine, c’est quand même une invention assez terrible.

Expériences douloureuses

La feuille de papier coupante entre deux doigts. Les deux doigts dans la prise. Le pied dans la porte. La porte dans la tronche. La tête dans la fenêtre. La fenêtre qui claque sur la main. La main sous l’eau bouillante. L’eau bouillante du café renversée sur les cuisses. Les cuisses griffées par les ronces. Les ronces qui attaquent les coudes. Les coudes ensanglantés par une mauvaise chute. La chute sur les genoux, dans les graviers. Le genou dans un coin de table. Le coin de table dans les parties sensibles. Les parties coincées dans la braguette. La fermeture éclair qui pince la peau. La peau ouverte par une morsure. La morsure des lèvres. Les lèvres gercées. La gerçure du bout des pieds. Les orteils sous la porte. La portière dans la jambe. La jambe fauchée en plein match. Le match qui après une mauvaise réception me retourna un doigt. Le doigt sous la roue du skate. Le skate qui arrache un ongle. L’ongle qui griffe. La griffe du chat qui parcourt le bras. Le bras paralysé après s’être endormi dessus. Une mauvaise nuit  qui se transforme en torticolis. Le cou bloqué par névralgie. Le nerf qui coince sous la mâchoire. La mâchoire qui souffre après l’arrachage des dents de sagesse. Les dents qui mordent la langue. La langue écorchée par l’appareil dentaire. L’appareil qui griffe les lèvres. Les lèvres qui n’aiment pas les boutons de fièvre. La fièvre qui secoue le cerveau. Le cerveau étourdi après un coup de poing involontaire. Le coup dans les lunettes, qui renvoient tout le choc dans le nez. Le nez contre la vitre. La vitre qu’on a pas vu, sur laquelle on s’étale. L’étalement par terre après une chute qu’on vit au ralenti.  La chute sur le coccix, au ski. Le ski d’un autre dans le ventre. Le ventre écorché dans un stupide accident de couteau. Le couteau qui glisse malheureusement en voulant s’en servir comme coupe-papier. Le papier qui coupe entre deux doigts…