Picross 3D Round 2 – A l’opposé du ring

Un peu de musique relaxante pour accompagner cet article.

Je connais peu de jeux vidéo qui peuvent faire travailler mon cerveau tout en me relaxant. Tetris me vient immédiatement à l’esprit. Puis Picross 3D, probablement le jeu DS auquel j’ai le plus joué. Il y a environ dix ans, c’était un peu mes mots croisés, ma tisane à moi, une petite partie avant de se coucher. Pour tous ceux qui ont poncé les grilles de sudoku du docteur Kawashima, Picross 3D a été un virus, une révélation : l’amour de la logique déductive dans sa plus pure essence.

Pendant 2 ans, ma sœur m’a demandé : « quand est-ce qu’ils en font un nouveau ? ». Quand Nintendo a présenté la 3DS et son écran en 3D, Picross 3D est le premier jeu qui m’est venu à l’esprit, c’était évident. Tellement évident que la suite n’est arrivée que quatre ans après la console, uniquement au Japon, on repassera pour les prédictions. Une autre année s’écoule et enfin le jeu sort en Europe, pile pour Noël. Allez hop, ajoutez-y une 3DS, Mario 3D Land, un chargeur (non fourni par défaut, ça m’estomaquera toujours autant pour un produit si grand public) et ça fera une heureuse.

Mais je diverge, resituons un peu le jeu. Des picross, il y en a plein. Techniquement, on peut en faire sur une simple feuille de papier, comme un sudoku, pas besoin de jeux vidéo. Mais Picross 3D apporte le petit truc en plus qui change tout : la troisième dimension. Elle ajoute une couche de complexité aux puzzles certes, mais surtout, elle nous permet de manipuler un objet pendant qu’on le démonte minutieusement, pièce par pièce. Il y a derrière cela une espèce de satisfaction mécanique : l’impression de sculpter la roche, de démonter une horloge pour en comprendre le fonctionnement… bref, un sentiment d’accomplissement pas si éloigné de la plénitude zen.

Aux travaux manuels, Picross 3D Round 2 ajoute la peinture, une dimension supplémentaire à l’équation. Curieusement, ça ne rend pas le jeu plus difficile -je pense qu’on peut tout à fait jouer au Round 2 sans faire le premier- mais ça renouvelle de très belle façon l’expérience de jeu : il faut juste tourner sa logique différemment d’un jeu à l’autre.

Il est toujours aussi relaxant de regarder les blocs se briser pendant que notre cerveau travaille en arrière-plan. La seule chose qui puisse me sortir brusquement de cette douce torpeur, c’est ce petit moment d’arrogance qui pousse à l’erreur, qui me fait sursauter et rater le meilleur score. Pas de colère, un peu d’humilité, et j’y retourne jusqu’à trouver le sommeil.