Total Noob – Bande-annonce

Non, Total Noob n’est pas mort ! La preuve… en vidéo.

A très bientôt donc pour toutes ces sympathiques mises à jour !

Nintendo 3DS, premières impressions (3/3)

Après une première prise en mains de la 3DS et de quelques jeux disponibles pour son lancement, voici la troisième et dernière partie de mes impressions sur la prochaine console de Nintendo !

Dans cette dernière partie, je vais donc vous parler des titres qui étaient jouables lors de l’évènement organisé par Nintendo, mais qui n’auront pas la chance de sortir en même temps que la console… Comme la dernière fois, ils sont classés du plus intéressant au plus ignoble, et les plus pressés d’entre vous pourront gagner du temps en ne lisant que ce qui est écrit en gras.

Les jeux qui sortiront après la console, entre le 25 mars et début juin :

  • Kid Icarus: Uprising

Très certainement LE meilleur jeu de la 3DS pour l’année 2011, Kid Icarus est le jeu qui a été intégralement pensé pour la 3DS. Ce jeu d’action aventure se découpait dans sa démo en deux phases bien distinctes : des phases en vol où le héros suit un chemin prédéfini et où l’on tire sur tout ce qui bouge, et des phases à pied semblables à de nombreux jeux d’action/tir à la troisième personne. Dans les deux cas, le jeu est magnifique. Les ennemis arrivent de tous les côtés, des explosions et lasers fusent de toutes parts, c’est un véritable feu d’artifice en 3D qui s’offre à nous, et ô surprise la 3D est utile. La maniabilité combinant touches et écran tactile est surprenante d’efficacité, et pour une fois les dialogues d’un jeu Nintendo sont amusants.
Trève d’éloges, on attend juste ce titre avec beaucoup d’impatience.

  • The Legend Of Zelda: Ocarina Of Time 3D

Plus de douze ans après sa sortie, Ocarina Of Time, le Zelda icônique de la Nintendo 64, s’offre un lifting ainsi que l’affichage en 3D. Malheureusement, comme lors d’un lifting, on a beau mettre des agrafes, on est parfois déçu : le jeu a mal vieilli, très franchement si je n’avais pas lu 36 news parlant des graphismes refaits, je ne l’aurais pas remarqué.
Car malgré sa mise à jour graphique, le jeu reste laid comparé aux autres titres 3DS, et ne disposera d’aucun nouveau contenu. Oui, le jeu est toujours aussi maniable, oui, la 3D fonctionne bien, mais le jeu n’est tout simplement plus d’actualité avec ses polygones coincés dans la génération Nintendo 64. Oui, ce titre est là pour donner un peu d’allure à la ludothèque de la 3DS, mais je le voyais plus comme un titre de lancement, disponible le jour J, ce qui étonnament ne sera pas le cas. Quitte à ne découvrir ce volet qu’aujourd’hui, je vous le conseille plutôt sur Console Virtuelle, c’est moins cher.

  • Resident Evil: The Mercenaries 3D

Si vous attendez un vrai Resident Evil sur consoles portables, il faudra attendre un peu plus longtemps, car ce jeu, comme son nom l’indique, est un simple portage du mode Mercenaries de Resident Evil 4 & 5. Pour les néophytes, on est dans une arène fermée, et on dégomme du zombie plaga en vue caméra à l’épaule pour gagner de précieuses secondes, survivre aussi longtemps que possible, et potentiellement ne pas se trouver à court de munitions. Le jeu est très joli, très maniable, et sa 3D est agréable, mais le contenu paraît beaucoup trop limité pour justifier un jeu complet. C’est typiquement le genre de jeux qu’on trouvera à 10€ dans trois mois, donc si vous êtes fans de Resident Evil et de bourrinage, ne dégainez pas trop vite votre portefeuille.

  • Steel Diver

Ce jeu de sous-marins propose deux jouabilités différentes : un peu de plate-forme/action dans des phases de manoeuvre du sous-marin, et un peu de tir à la première personne lors de phases « au périscope ». A la base prévu pour la DS, ce titre de Nintendo s’annonce assez sympathique et simple à jouer, même si j’ai du mal à voir quel est le public visé. Dans l’ensemble, ce titre semble souffrir du même syndrôme que Pilotwings Resort, à savoir qu’il est là pour combler les trous du catalogue de lancement, bien qu’il soit plus fun.

  • James Noir’s Hollywood Crimes

Enfin un jeu original dans ce monde de suites ! Dans ce titre, derrière la reconstitution d’un Hollywood chic et flashy des années 60, se cache en fait un jeu d’énigmes façon Professeur Layton. La démo que j’ai testé était en fait l’introduction du jeu et ses deux premières énigmes assez simples, bref pas vraiment de quoi juger le titre, mais assez pour attiser ma curiosité. La réalisation du titre à la sauce sixties semble très réussie, plus qu’à espérer que les énigmes présentes soient à la hauteur de ce à quoi nous a habitué notre cher Professeur.

  • The Lapins Crétins : Retour Vers le Passé 3D

Disponible la semaine suivant le lancement de la 3DS, ce jeu des Lapins d’Ubisoft n’est pas une compilation de mini-jeux, mais un nouveau jeu de plate-formes… en 2D à priori. En effet, le titre se joue à la New Super Mario Bros, on va de gauche à droite, on ramasse des bonus et on écrase des ennemis, les éléments du décor s’affichant en 3D devant et derrière ces plate-formes. La courte démo que j’ai pu tester représentait bien l’univers déjanté des Lapins, et le jeu a l’air sympathique, mais très facile, et j’ai peur que le résultat final sonne creux. Wait & see.

  • Dead Or Alive: Dimensions

Pas facile de se faire remarquer quand on a un certain Street Fighter IV 3D en face de soi. Du coup, j’ai eu l’idée de tester ce Dead Or Alive AVANT le meilleur jeu de baston de la console. Eeeeeet… c’était quand même pas terrible. Le jeu est pourtant assez joli, oui mais voilà dès qu’on active la 3D le jeu saccade, bref le moteur physique ne tient plus la route. On ajoute à cela un système de combat un peu fainéant, c’est-à-dire qu’on appuie sur tous les boutons jusqu’à ce qu’on trouve un combo qui fonctionne à tous les coups (sic) et qu’on fera en boucle jusqu’à la fin du jeu. Ceci dit, comme son titre racoleur l’indique, ce jeu trouvera son public grâce à la poitrine opulente de ses héroïnes, que l’on pourra faire bouger avec les capteurs de mouvement de la console, on n’arrête pas le progrès.

  • Léa Passion 3D

3 dimensions, 3 développeurs, 3 mois de développement ! Non je déconne, Ubisoft ne l’a pas fait. Enfin, pas encore.

Dans l’ensemble, le catalogue du lancement de la 3DS s’avère donc très classique, mais aussi inédit dans la mesure où Nintendo laisse sa place aux éditeurs-tiers, car même si on y trouve 90% de licences connues et deux bouses, on y trouve des titres tiers plus inspirés et d’une qualité globale plus rassurante que lors de lancements précédents.

On notera aussi que certains jeux n’étaient pas jouables mais seront tout de même disponibles dès le 25 mars, ce qui porte le nombre de titres disponibles le jour du lancement à 13 :

  • Les Sims 3
  • Super Monkey Ball 3D
  • Rayman 3D
  • Tom Clancy’s Splinter Cell 3D
  • Tom Clancy’s Ghost Recon Shadow Wars
  • Asphalt 3D

P.S. Pour remettre les choses en perspective, voici les catalogues de lancement des 5 dernières consoles :

  • DS : 15 titres, et encore si on se souvient de Mario c’est parce qu’il était déjà sorti avant

Asphalt Urban GT, Mr. Driller: Drill Spirits, Ping Pals, Pokémon Dash, Polarium, Project Rub, Rayman DS, Robots, Spider-Man 2, Sprung, Super Mario 64 DS, Tiger Woods PGA Tour, The Urbz: Sims in the City, WarioWare: Touched!, Zoo Keeper

  • PSP : 9 titres auxquels vous aviez déjà joué sur PS2, et 19 films en UMD, ahahah

Ape Academy, Everybody’s Golf, Fired Up, F1 Grand Prix, MediEvil Resurrection, Ridge Racer, WipEout Pure, World Tour Soccer : Challenge Edition, World Rally Championship

  • Xbox 360 : 16 titres qu’on a préféré oublier, franchement ce lancement c’était un peu la misère

Amped 3, Call of Duty 2, Condemned: Criminal Origins, FIFA 06 En Route Pour la Coupe du Monde, Gun, Kameo: Elements of Power, Madden NFL 06, NBA Live 06, Need For speed: Most Wanted, Perfect Dark Zero, King Kong: le Jeu Officiel, PGR 3, Quake 4, Tetris: The Grandmaster ACE, Tiger Woods PGA Tour 06, Tony Hawk’s American Wasteland

  • Wii : 19 jeux, dont le meilleur fourni avec la console, un portage du dernier bon jeu GameCube, et un pari gagnant pour Ubisoft

Call Of Duty 3, Gottlieb Pinball Classics, Happy Feet, The Legend of Zelda: Twilight Princess, Madden NFL 07, Monster 4×4 World Circuit, Need For Speed: Carbon, Rampage: Total Destruction, Red Steel, Bob L’Eponge, Super Monkey Ball: Banana Blitz, Wii Play, Wii Sports, Cars, GT Pro Series, Les Animaux de la Forêt, Rayman Contre les Lapins Crétins, Super Fruit Fall, Tony Hawk’s Downhill Jam

  • PS3 : Beaucoup trop de jeux (25), aucun titre potable, et le lancement le plus drôle que j’aie jamais vu (mais si, les 3 clients de la Fnac Champs-Elysées, le lancement en demi-teinte sous la Tour Eiffel et le paquebot Microsoft, souvenez-vous !).

Blazing Angels: Squadrons of WWII, Call of Duty 3 : En marche vers Paris, Def Jam : Icon, Enchanted Arms, Fight Night Round 3, Formula One : Championship Edition, Full Auto 2 : Battlelines, Genji : Days of the Blade, Marvel : Ultimate Alliance, Gundam : Target in Sight, Le Parrain, MotorStorm, NBA 2K7, NBA Street 4 Homecourt 2007, Need for Speed Carbon, NHL 2K7, Resistance: Fall of Man, Ridge Racer 7, Sonic The Hedgehog, Tiger Woods PGA Tour 2007, Tony Hawk’s Project 8, Untold Legends : Dark Kingdom, Virtua Fighter 5, Virtua Tennis 3, World Snooker Championship 2007

La suite, garçon !

Comme dit hier, le Japon, c’est fini sur ce blog. Et c’est le moment de poser à plat ce qu’il reste du blog, et ce qu’il va devenir dans les mois à venir. Tout d’abord, il me reste quelques reliquats du Japon, enfin plutôt des idées datant du Japon, et du coup n’y sont pas directement liées. Mais parlons bien, parlons en points :1. Le format du blog
Vu le rythme qui m’attend ces prochains mois, une mise à jour quotidienne m’est malheureusement impossible. Et puis on a moins de choses à raconter lorsqu’on est chez soi aussi.
C’est pourquoi le blog sera mis à jour de façon un peu plus sporadique. On fait un peu n’importe quoi n’importe quand, c’est plus marrant et surtout ça laisse du temps pour souffler.

2. Le contenu du blog
La grande question. Je trouverai toujours un sujet décalé pour vos yeux. Je pense à la série des Annoying Dude qui risque de refaire une ou deux apparitions, ou encore à la suite promise de Total Noob, si je me remets de ma première expérience, et aux dernières nouvelles une formule un peu plus précise de l’émission est dans les tuyaux.

Sinon, un peu de ménage dans les catégories par-ci, une nouvelle bannière par-là, et du redesign à gogo. Gagner de la lisibilité épargnera un peu vos yeux, parce qu’après 4 mois, ils en ont bien besoin.

Rendez-vous dès demain donc pour la première mise à jour aléatoire du blog, et merci encore de votre soutien !

La meilleure météo du monde

Le matin, avant de partir, il est important de savoir s’il va faire très beau et très chaud, ou bien très pluvieux (mais très chaud quand même). En bref, il faut savoir si oui ou non on emporte un parapluie. Pourquoi ne pas toujours l’emporter, me direz-vous. Tout simplement parce qu’avec une chaleur aussi écrasante, un poids en plus est vingt fois plus désagréable. Et aussi parce qu’on a quand même l’air un peu idiot quand on a un parapluie à la main et qu’il fait super beau.
Etant par habitude méfiant envers les prévisions météorologiques, et m’étant fait surprendre deux ou trois fois par de fortes pluies, je ne tiens pas particulièrement à prendre plus d’une douche par jour.
Puis vint la révélation. Un matin fort ensoleillé, je sors, et croise une japonaise parapluie au bras. Bien sûr, je n’avais pas le mien. L’après-midi, je me prends une saucée. Mais c’est bien sûr ! Les japonais sont plus forts en météo que moi, vu que dans les jours qui ont suivi, chaque fois que j’ai croisé un nippon à parapluie, je pouvais être sûr qu’il allait pleuvoir.
Depuis, tous les matins, un coup d’oeil par la fenêtre pour noter si les passants portent un parapluie, et la décision est prise.Et pour rendre à ce post un minimum d’intérêt, un peu de différence culturelle : la plupart des parapluies nippons sont transparents, ce qui permet de voir le ciel même lorsqu’il pleut. Et ils rouillent.

100

Aujourd’hui, ce blog franchit la barre des 100 posts. J’ai pourtant cherché un jeu de mots, un titre éclatant, une idée de génie, mais non, aujourd’hui le génie se planque au fond de sa lampe. Le saligaud. J’aurais voulu vous donner des infos croustillantes sur la provenance des visiteurs, mais il n’y en a guère qui soit plus intéressante que cette personne qui est tombée ici en cherchant « dentiste ours polaire »… Saviez-vous que ce blog était le premier résultat Google de la recherche « Qui a inventé la guimauve ? » Et ce alors que la réponse ne se trouve même pas dans ces lignes, haha.
Bon, comme c’est la centième, je vais vous le dire : ce n’est pas moi. Par contre le procédé de confection est breveté par Alex Doumak.Le nombre 100 remet toutefois les choses en perspective, et me fait me poser la question suivante : ce blog atteindra-t-il les 200 posts et au-delà ? Survivra-t-il à mon retour en France ? Soyons francs : le plus gros du contenu posté ici fait plus ou moins référence au Japon, ou tout du moins est inspiré par mes aventures au pays des ninjas. De plus, je n’aurai plus la motivation du lectorat, qui compte déjà à l’heure actuelle autant de personnes qu’il faut pour monter un meuble Ikéa. Un indice pour ceux qui n’ont jamais monté un meuble Ikéa : c’est moins d’un million.
Cependant, je ne souhaite pas arrêter ici ce plaisant exercice quotidien (enfin, presque quotidien). Mais comment garder un blog frais et non redondant ? La solution la plus plausible est celle consistant à aller chercher la nouveauté, à créer plus de diversité avant l’issue de ce voyage, pour être dans une certaine continuité une fois rentré.
Pour cette raison, attendez-vous à voir débarquer de temps à autre du contenu plus naze varié, de ponctuels « exercices de variation » qui ne survivront que si mes yeux n’en saignent pas l’essai me semble transformé.

Ceci dit, il reste un peu plus d’un mois avant mon départ du Japon, et jusqu’au bout la mise à jour quotidienne restera fidèle au poste. Le premier exercice de variation, quand à lui, arrivera cette semaine.

Quand soudain, surgissant de nulle part…

J’aurais aimé avoir une photo pour illustrer cet article.
J’aimerais vous parler un peu de personnes que l’on peut croiser dans les quartiers branchés de Tokyo. Ces personnes, je les appelle Corbeaux Noirs. Pourquoi ?

  • Car ce sont de jeunes hommes (de 20 à 25 ans à vue de nez) habillés en costume noir.
  • Car ils ont tous une coupe de cheveux à la mode, c’est-à-dire en hérisson avec du gel, un peu comme Tokio Hotel.
  • Car ils ont le visage pâle et du khôl autour des yeux (trop de maquillage tue le maquillage).
  • Parce qu’ils ne bougent pas, tels des corbeaux attendant la mort d’une proie.

Au départ, je pensais qu’ils étaient des sortes de conseillers, de videurs ou de publicitaires, car ils se trouvent souvent devant des bars.
Il paraîtrait qu’en réalité, ce sont des escorts boys. C’est tout de suite beaucoup moins drôle et glamour. Mais cela reste étonnant, je veux dire, on trouve des bars à hôtesses un peu partout (j’en reparlerai), mais pas vraiment d’escorts girls ou de prostituées dans la rue. Juste ces hommes.
Je vais tenter d’en savoir plus, car j’ai l’impression qu’on touche une fois de plus à un phénomène bien culturel et difficile à appréhender pour un étranger.Oh, et sinon, j’ai vu un type en jupe courte avec une couche se balader avec un caddie. Normal.

Ma Première Discrimination

Aujourd’hui, j’ai expérimenté pour la première fois de ma vie une discrimination franche.
Un peu de contexte pour commencer. Avec d’autres étudiants étrangers, nous décidons de nous rendre dans un bar-restaurant qu’on nous a dit sympathique. Avant d’entrer, une des étudiantes nous prévient qu’on doit se séparer en plus petits groupes sous peine de ne pouvoir entrer. Apparemment, c’est ainsi que cela fonctionne dans de nombreux bars nippons.
Trois personnes entrent, sans problème. Nous autres, cinq personnes, tentons d’entrer à notre tour environ cinq minutes plus tard. Nous nous faisons gentiment rembarrer, le bar serait soi-disant complet. Nous attendons donc dehors que des gens sortent. Cinq minutes plus tard, une petite dizaine de japonais sortent. Nous entrons à nouveau. Deuxième refus. Je ne comprends pas pourquoi, il y a de la place pour nous cinq, c’est évident. Une étudiante m’explique que ce n’est pas forcément le cas, car il y a en réalité un seul étage du bar (celui-ci en contenant cinq) auquel les gaijins ont accès.
Les gaijins, c’est nous. Littérallement, gaijin signifie « personne d’outre-mer », et comme le Japon est une île vous aurez compris que cela veut dire le reste du monde. Notre équivalent, péjoratif ou non, est le qualificatif « étranger » si vous préférez. Et au Japon, dans de nombreux bars et restaurants, on n’accepte pas les gaijins, car ils ne « collent pas » à l’ambiance de l’endroit. Il n’est pas rare de voir des pancartes avec « no russians, chinese or philippinos allowed ». Quand on me dit ça, je pense immédiatement à la ségrégation raciale aux Etats-Unis du début du 20ème siecle.
Nous attendons cinq minutes de plus, et après de longues négociations avec le personnel, nous entrons finalement. Ce n’est même pas un bar de standing ou quoi que ce soit du même genre, c’est un simple bar-restaurant. Et ce n’est pas fini. Evidemment, nous sommes à l’étage le plus haut, comprenez par là le plus loin possible des clients japonais.
Le service est déplorable. Surtout comparé à l’accueil remarquable que l’on peut avoir partout au Japon. La plupart d’entre nous sont totalement ignorés par les serveurs, nous devons presque crier pour pouvoir passer commande. Les commandes mettent beaucoup de temps à arriver, surtout pour de simples bières. Pour la nourriture, c’est du grand n’importe quoi : par trois fois, nous n’avons pas ce que nous avons commandé, pourtant nous sommes certains d’avoir prononcé correctement notre commande. Je pense honnêtement qu’ils essayaient de nous refiler des restes.
A 22 heures, on nous fait comprendre que c’est la dernière tournée, ce qui est une façon assez peu subtile de nous dire qu’il va falloir partir. A ce moment, je me souviens parfaitement de l’heure de fermeture affichée en devanture du bar : 2h du matin. Ce qui veut dire qu’après 22h, plus d’étrangers admis. Au passage, on essaye de nous faire payer plus que l’on ne doit.
Je comprends pourquoi beaucoup d’expatriés vont dans des « bars de gaijins », c’est-à-dire des bars tenus par des occidentaux pour des occidentaux. Ce n’est pas pour se sentir chez eux, c’est pour ne pas se sentir exclus.Ce fut la première fois que je faisais partie d’un groupe discriminé. Ma réaction fut certainement tempérée par le fait que je ne me considère ici que comme un touriste. Je me suis dit : « Ils n’ont pas envie d’être dérangés ou envahis par des étrangers, c’est culturel, il faut s’y faire ».
C’est à ce même moment que j’ai véritablement compris cette phrase entendue plusieurs fois : « On ne peut pas devenir japonais. On est japonais que lorsqu’on naît japonais. »