Générations et Marketing dans l’Histoire des Jeux Vidéo (3/13)

   B. L’arrivée de Nintendo et la crise de 1983

Nintendo est une compagnie japonaise centenaire, ayant monté son affaire sur la vente de cartes à jouer. Basé à Kyoto et dirigé par la famille fondatrice Yamauchi, le conglomérat se lance dans le jeu vidéo en 1977 avec Pong sur le marché japonais, grâce à un accord d’exploitation passé avec un concurrent d’Atari. L’année suivante, Nintendo commence à vendre des bornes d’arcade.

En 1980, son PDG Hiroshi Yamauchi donne à Shigeru Miyamoto, jeune diplômé en dessin industriel, la charge de créer un jeu vidéo pour bornes d’arcade. Pour Miyamoto, grand rêveur ayant rejoint Nintendo quelques années plus tôt, c’est une occasion en or : le dessin et le jeu vidéo sont ses deux passions, et il rêve d’unir les deux pour donner vie à des personnages de bande dessinée. Là où la majorité des titres de l’époque se tournent vers la science-fiction, ses invasions extraterrestres et ses combats spatiaux à la mode Star Wars, Miyamoto créé un jeu plus farfelu et cartoonesque. Son héros : Mario, charpentier au gros nez rond, à la moustache florissante et à la casquette rouge, qui doit dans son bleu de travail porter secours à sa belle emmenée au sommet d’un chantier de construction par un gorille récalcitrant. Pour y arriver, le joueur doit grimper à des échelles et sauter d’un ascenseur à l’autre tout en évitant divers objets balancés par le singe Kong. Le jeu directement inspiré du film King Kong est nommé Donkey Kong, confusion involontaire entre monkey (singe) et donkey (âne). Dès sa sortie en 1981, la borne d’arcade remporte un succès sans pareil aussi bien au Japon qu’aux Etats-Unis.

Yamauchi ne souhaite pas s’arrêter là, et lance le développement d’une console de jeu Nintendo. Produit à moindre coût pour des graphismes supérieurs à la moyenne de l’époque, le Family Computer ou Famicom1 est développé sur le tryptique console, cartouche, contrôleur existant aux Etats-Unis. Nintendo fait des économies matérielles pour vendre la console le moins cher possible : ses composants doivent être achetés en grandes quantités pour diminuer leur coût unitaire, tandis que les ingénieurs de Nintendo se chargent d’optimiser le résultat final. L’idée de Yamauchi est de vendre la console à prix coûtant et de marger uniquement sur les ventes de jeux.

Car Yamauchi pense que ce sont les jeux qui font vendre les consoles, et pas l’inverse. Il ordonne donc à ses équipes de rendre la console très accessible aux développeurs pour que ces derniers puissent créer facilement de bons jeux exploitant au mieux la Famicom. Nintendo est alors le premier constructeur fournissant des aides aux éditeurs-tiers, par le biais de renseignements techniques sur le fonctionnement de ses machines. Dans l’idée que seule une poignée de développeurs est capable de créer des titres susceptibles de plaire à tous, Yamauchi nomme Miyamoto à la tête du nouveau département Recherche et Développement. Sa mission : créer des jeux aussi bons que Donkey Kong, cette fois-ci sur Famicom.

Le Famicom est lancé au Japon le 15 juillet 1983, à un prix moitié moins cher que la concurrence. Soutenue par une large campagne de communication à destination des enfants, la console se vend à 500 000 exemplaires dès ses deux premiers mois de vente. Un nombre impressionnant quand on le compare aux 30 000 consoles vendues l’année précédente… par l’ensemble des acteurs du marché japonais.

Pendant ce temps, aux Etats-Unis comme en Europe le marché des consoles s’effondre, sous le poids de ses invendus et de ses jeux de mauvaise qualité. Les premiers ordinateurs familiaux se substituent rapidement aux consoles dans les foyers : ils permettent de jouer mais aussi de faire du traitement de texte ou gérer ses factures, et apportent ainsi une valeur éducative et utilitaire que les consoles n’ont pas. Atari perd 500 millions de dollars, et la plupart des constructeurs et éditeurs ferment leurs portes. Les revendeurs qui accusent eux aussi d’énormes pertes ne veulent plus entendre parler de jeux vidéo, qu’ils voient comme une mode déjà dépassée.

Mais Minoru Arakawa, jeune japonais directeur de la filiale américaine de Nintendo, remarque que le marché des bornes d’arcade, lui, est toujours viable, au détriment de celui des flippers. En effet, ces bornes -dont Donkey Kong– rapportent alors 7 milliards de dollars par an, soit plus que l’industrie du cinéma… de quoi convaincre Arakawa que le jeu vidéo a encore de l’avenir.

Notes et Références :

  1. Il est courant dans la langue japonaise de contracter les noms anglophones pour faciliter leur prononciation.

Vous reprendrez bien une livre de haggis ?

En Ecosse, on mange des tourtes bœuf-oignons, des pommes de terre par camions, du haddock à toutes les sauces, du fish & chips qui mélange ces deux derniers avec de la friture, et et et du haggis dont la coutume veut qu’on ne dise pas de quoi il est constitué avant d’en avoir mangé, mais je vous rassure, c’est bon. Bref un paquet de plats en sauce, en huiles, en graisses, qui ô surprise font de l’Ecosse le numéro 2 mondial de l’obésité, juste derrière les créateurs du fast-food.

Il est donc tout à fait logique que je vous fasse un petit inventaire des… sucreries locales. Et oui, on trouve des salons de thé & gâteaux un peu partout au pays du kilt, et les franchises façon Starbucks y sont légion, difficile de résister à la tentation quotidienne du goûter !

On commence avec le millionnaire, ce qui équivaut certainement au nombre de calories qu’il contient. De son vrai nom le sablé du millionnaire, c’est donc une couche de sablé aux épices de type cannelle, une couche de caramel/fudge semi-fondant, et une couche de chocolat au lait. Tout ça fond sous la langue, et se déguste parfaitement avec un lait au miel. Une fois terminé, n’oubliez pas de faire deux à trois heures de sirtaki pour éliminer tout ça par contre.

Frijj est le Yop local, mais est heureusement beaucoup plus buvable : un peu plus épais, ça ressemble plus à un milkshake tout en étant bourré de colorants et d’arômes artificiels. Rien d’exceptionnel, mais dans un pays où j’ai découvert le Mars à boire peu avant son arrivée en France, je m’attendais à bien pire.

On trouve aussi pas mal de yaourts en gros pots, format que j’appelle avec affection « Je vais manger ça devant Bridget Jones un soir de blues ». A consommer en deux à trois fois si vous ne voulez pas prendre deux kilos par semaine, on trouve dans tous ces yaourts deux ou trois marques « organiques », certainement une façon de dire que c’est fait avec du vrai lait, des vrais fruits mixés, et du vrai plastique pétrolifère pour le couvercle. Je ne vous le cache pas, c’est très bon et ça se mange à la cuillère à soupe pour les plus gourmand(e)s. Et je viens de le remarquer, c’est un probiotique comme ces fameux yaourts verts qui soignent le stress des exams !

Pour finir, le grand, le beau, le bon, mais surtout le pas-commercialisé-en-France-pour-une-raison-inconnue, le Docteur Pepper de C¤ca-Cola. Cette boisson, on l’adore ou on la déteste, mais je ne connais personne qui n’ait pas un avis tranché sur la question. Personnellement, je ne lui trouve pas ce goût médicamenteux que ses détracteurs lui attribuent, mais plutôt un goût assez proche du Cherry Coke au final, mais plus marqué et surtout beaucoup plus pétillant. Le Dr Pepper est une boisson qui nourrit dans le sens où n’en engloutit pas une bouteille si rapidement (50cl) car on sature vite en bulles d’air… C’est aussi une boisson qui rafraîchit mais qui ne désaltère pas, comme avec tout soda très sucré prévoyez un verre d’eau pour ne pas voir votre langue se transformer en pruneau d’Agen. Testez-là si vous en avez l’occasion, d’ailleurs on me souffle dans l’oreillette qu’on peut en trouver en import dans quelques boutiques et restaurants parisiens…

Maintenant que vous avez bien salivé comme il fallait, je vous laisse vous sustenter et vous donne rendez-vous demain pour l’avant-dernier article de cette semaine écossaise !

On ramasse les restes 3

[suite des restes du Japon]

Reste n°5 : Mille Crêpe

Millecrepe.jpg Aussi étrange que cela puisse paraître, le Mille Crêpe est une pâtisserie. Et une bonne, qui plus est. Enfin, je dis Mille crêpe, mais je devrais plutôt dire Milou Koulépou si l’on se
réfère à la prononciation japonaise.
La recette est toute simple : une vingtaine de crêpes froides très fines empilées les unes sur les autres, avec une couche de crème pâtissière entre deux crêpes, coupez le résultat en une douzaine de parts de gâteau, et le tour est joué.
Alors oui, c’est gras, et pas qu’un peu. C’est lourd, et on en prend plus pour le goûter que pour le dessert. Mais qu’est-ce que c’est bon. Parfois je me demande comment les japonaises font pour aimer autant les pâtisseries deux fois plus grasses et plus sucrées qu’en France tout en conservant leur minceur (indice : ce n’est pas grâce à Taillefine).

Reste n°6 : Mange ton collagène, il va refroidir
P1000017.JPG J’ai mangé du collagène. Parfaitement. Explication : le shabu-shabu, c’est un peu la fondue bourguignonne des nippons. Ou pas. Le principe est assez simple : on choisit deux sauces parmi un milliard (les japonais aiment les options), puis le set de nourriture qu’on va manger avec.
Les sauces sont placées avec de l’eau et de l’huile, enfin je crois, dans deux compartiments séparés dans un plat, (troisième image en partant de la gauche sur la photo). Les viandes, poissons, volailles qui nous sont servis sont crus, à nous de les faire cuire dans une des deux sauces.
Et c’est super bon. Et sain, parce qu’on mange des choses bouillies. Et puis le collagène c’est bon aussi, mais ça ne ressemble pas à ce que vous pensez, oh que non.

Gundam Kebab

Un kebab en face du Gundam géant sur une île japonaise, c’est pas banal. Au passage, les kebabs japonais font à peu près la moitié en taille de ceux que l’on trouve dans nos échoppes françaises. Bonjour l’arnaque.

Vous êtes bien à Tokyo (2/2)

Ceci est une des meilleures représentations de la culture japonaise que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent : une représentation grandeur nature d’un Gundam. Grandeur nature, ça fait environ 30 mètres de haut pour ceux qui n’auraient aucune connaissance en matière de méchas (robots géants issus d’une série manga / série d’animation). Soit à peu près la même taille que la Statue de la Liberté tokyoïte.
D’où l’idée suivante : dans un combat de catch entre les deux monuments, qui éclate l’autre ?
Le match sera retransmis en différé samedi prochain, alors restez connectés.Mais quand même, un GUNDAM TAILLE REELLE QUOI !

Parfois j’ai l’impression qu’on prend les touristes pour de grosses buses…

Ai-je vraiment besoin d’expliquer ? Bon, à gauche, le guide du musée de parasitologie (qui soit dit en passant vous souhaite un bon appétit) en japonais, à 300 yens, et à droite le même guide en anglais à 400 yens.
Je ne lis pas très bien le japonais, certes, mais de là à croire que personne ne verra cette flagrante différence de prix, il faut quand même avoir un sacré culot. Pour moi c’est comme s’il était écrit « Prix spécial pigeons ! Offre limitée ! ».
Et de toute façon, avec une couverture pareille, je doute que de nombreuses personnes aient envie d’acheter ce bouquin…

Au Japon, on combat la saleté

Littéralement.