Sceaux d’approbation vidéoludiques, édition 2012

Oyez, oyez, c’est la nouvelle année ! (enfin, sauf si vous lisez ça en juin, mais si c’est le cas allez plutôt faire bronzette)

2011 était déjà une année chargée (souvenez-vous), 2012 n’a pas perdu de poids puisqu’on y trouve 60 jeux joués, 47 commencés et seulement 32 terminés. Bilan contrasté avec le précédent : j’ai joué à beaucoup plus de jeux originaux / moins de suites, en partie la « faute » à l’acquisition d’un gros PC puissant-comme-un-bolide-de-course-mais-pas-tuné-non-plus-faut-pas-déconner. Et oui, les jeux indés, c’est pas chez les constructeurs japonais : à moins d’avoir une boîte de jeu sous système d’exploitation Microsoft, on passe à côté de pas mal de choses.

Si vous aviez une console, pas de quoi se plaindre toutefois, puisque si PS3 et Xbox 360 ont connu des portages de blockbusters pas toujours propres sur eux (Hitman Absolution, Sleeping Dogs, Far Cry 3, Assassin’s Creed 3 et moults FPS), il y avait laaargement de quoi satisfaire les amoureux d’un bon paquet de genres. Sauf pour les possesseurs de Vita, bien entendu.

Puisque vous avez probablement déjà lu une quarantaine de bilans vidéoludiques alors que l’année n’était pas terminée, je vais comme l’année dernière vous faire un résumé de mes expériences de jeu plutôt que de vous clamer le désuet « Alors ça c’était génial en multi, y’avait plein de DLC et les hôtesses de l’éditeur ont été gentilles avec moi, 9/10″. Là encore, preuve de ma grande originalité, les titres cités ne sont pas forcément sortis en 2011, parce que ceux qui ont fini Skyrim en 2011 sont des extraterrestres ou des journalistes jeu vidéo. Allez, trois nominés pour autant de catégories, on remet ça !

Les jeux les plus marquants

Skyrim
Skyrim

Si je devais décrire Skyrim en un mot, je dirais unique, car le contenu gargantuesque du jeu permet d’innombrables possibilités : personnage, classe, métier, compétences, choix moraux, quêtes, destination, armes… Et nos choix vont sélectionner une infime parcelle de ce que le jeu permet, pour définir une partie, notre partie. Jeu classé dans la catégorie « il est 3h du matin, allez, encore un dernier truc et je vais me coucher ».

Journey
Journey

Il est impossible de parler de cette merveille sans gâcher le plaisir que vous y trouverez. Mon conseil donc : évitez toute info sur ce jeu et jouez-y. Découvrez-le par vous-même, tel un enfant qui découvre le monde, vous serez d’autant plus transportés par le titre.

Rayman Origins
RaymanOrigins

Quand on parle de jeux de qualité, il est rare de voir Nintendo se faire surpasser, et pourtant Rayman Origins rend New Super Mario Bros Wii humble sur beaucoup de points. Certes, il n’a pas les power-ups ou les mécaniques de jeu si rodés de son maître, mais il est empli de ces attentions de tous les instants : graphismes magnifiques, animations drôles à souhait, musiques entraînantes, durée de vie épatante, et jouabilité la moins frustrante possible. Comme son mentor, à jouer par doses modérées et de préférence à plusieurs.

Les bonnes surprises

Payday: The Heist
Payday

Les films de braquages à l’hollywoodienne m’ont toujours fasciné, allez savoir pourquoi. Par contre, les FPS multijoueur en ligne, c’est pas ma tasse de thé. Puis Payday m’a fait de l’œil avec ses très bonnes critiques et son petit prix, et j’ai cédé, entraînant quelques amis dans ma chute. Le jeu est beau, rapide, nerveux, stressant, difficile, sans cesse renouvelé et demande une coordination de tous les instants. Une nouvelle expérience de jeu pour moi, et une excellente surprise.

Mark of the Ninja
MarkOfTheNinja

Dire que j’aime l’infiltration serait un euphémisme. J’ai écumé les Metal Gear, adoré Ghost Babel et Perfect Dark sur Game Boy Color, retourné Splinter Cell: Conviction, fini tous les Assassin’s Creed, j’en passe et des meilleures. Et Mark of the Ninja fait partie des très bons élèves : on arrive dans une nouvelle salle, analyse la situation en 2 secondes, utilise nos gadgets et compétences pour passer 3 gardes, 1 caméra et 2 tourelles sans se faire repérer, et on ressort du jeu avec une sensation de maîtrise extrêmement jouissive.

Sonic & All-Stars Racing Transformed
SonicKart

« Pas compliqué pour un Sonic d’être une bonne surprise quand on n’attend rien de la franchise », me direz-vous à raison. N’ayant jamais été défenseur de la saga de Sega, il faut bien avouer que ce Sonic Kart est aussi plaisant à jouer que la série qu’il singe. Même, il montre l’exemple à Nintendo sur certains points loin d’être anecdotiques. Des modes Campagne et Coupe à plusieurs pour débloquer du contenu avec ses amis ! Une IA qui n’a pas besoin de tricher pour combler sa bêtise ! Des objets qui ne déséquilibrent pas complètement la partie ! Et pour couronner le tout, un jeu sorti à prix réduit sur toutes les consoles !

Les jeux à côté desquels vous êtes certainement passés et c’est bien dommage

Nintendoland
Nintendoland

A 350€, on ne peut pas vraiment appeler Nintendoland le jeu le plus accessible de l’année. Pourtant, il cache dans le GamePad de la Wii U de nombreux tours de magie, certains ayant un goût de déjà vu, d’autres simplement bluffants. Son atout majeur ? Être l’opposé de Wii Sports, capable le temps d’une partie de transformer le plus casual des gamers en gamer tout court. Testé et approuvé sur Zelda : Battle Quest et Luigi’s Ghost Mansion, bien plus profonds qu’ils n’en ont l’air.

Pandora’s Tower
PandorasTower

Constat : il y a trop peu de jeux d’aventure et d’exploration de donjons. Je ne parle pas ici des dungeon-RPG générés aléatoirement, mais bel et bien des jeux mélangeant action, énigmes et histoire. Alors oui, Pandora’s Tower rappelle l’âpreté visuelle des jeux PS2, mais excelle à tous les autres niveaux, montrant qu’on pouvait faire des jeux gamers sur Wii. Et nourrir votre chère et tendre avec des cœurs de monstres bien frais pour qu’elle ne se transforme pas en abomination dégage un indéniable romantisme.

Zen Pinball / Zen Pinball 2 / FX Pinball 2
ZenPinball

Qui n’aime pas le flipper ? Rampes, cibles et animations dans tous les sens vous accueillent dans ce jeu omniprésent (PS3, Xbox 360, 3DS, PS Vita, Windows 8, iOS, Android) sur des tableaux d’inspirations variées : Marvel, Plants vs Zombies, Street Fighter, heroic fantasy, steampunk… Le jeu de base gratuit (sauf sur 3DS) vous permet de tester l’intégralité des tables avant d’acheter celles que vous préférez pour aussi cher qu’une partie de « vrai » flipper.

Bref, 2012 en jeux vidéo était pour moi une année très éclectique, j’ai même failli jouer à la PS Vita un Call of Duty, il s’en est fallu de peu. Si vous aussi voulez parler de vos titres préférés, surprenants ou ignorés, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires !

Où chercher des infos sur les jeux vidéo ?

[MàJ du 10/04/2012 : Cet article est désormais réactualisé régulièrement sur cette page dédiée ! ]

Si vous vous dites tous les matins en vous regardant dans le miroir « Carabistouille, si seulement j’avais une culture vidéoludique aussi large que Traquenard Désinvolte », vous devriez certainement revoir votre sens des priorités. Ce qui ne m’empêchera pas de me lancer dans une liste argumentée des sources d’information JV que j’aime bien !

Je commence par défendre les sites français, parce que l’actualité y est traitée avec un détachement très latin, un grain d’ironie dont on ne sait jamais vraiment s’il est sérieux ou non. Notre langue est aussi très riche et permet aux tests d’être à mon sens plus détaillés, plus fins dans leur description de ce qui fonctionne ou pas. Enfin, nous cultivons moins la langue de bois que nos confrères états-uniens, bref le français n’hésite à dire qu’un jeu c’est de la merde. Allez, on se lance :

Erwan Cario, Clément Apap et Patrick Hellio

Podcast hebdomadaire d’une petite heure où le physiquement grand Erwan Cario et ses camarades discutent de l’actualité du jeu vidéo de façon décontractée. En plus de la minute culturelle aux questions toujours plus tordues et de la rubrique jeu de société du vif Monsieur Phal, les chroniqueurs donnent leur avis en tant que joueurs, leur ressenti sur les jeux du moment. On ne sera pas toujours d’accord avec ce qui est dit -et il y a une rubrique courrier des lecteurs pour ça-, mais c’est constructif et intelligent.

L'inarrêtable Docteur Chocapic

Parfois surnommés les aigris du jeu vidéo ou encore le cauchemar des relations presse, derrière des tests sévères mais justes se cachent de vrais professionnels du jeu vidéo. En plus des tests, news et reportages, on retrouve aussi toute l’équipe du site dans une émission vidéo hebdomadaire d’une heure qui couvre l’actu du jeu vidéo. Mais ce qui fait la force de Gamekult en plus de leur côté critique, c’est leur capacité à tester régulièrement de nouvelles rubriques. Par exemple, on retrouve depuis septembre le débat de la semaine dans l’émission, avec des questions souvent intéressantes et propices aux avis divergents.

Pas de flux continu d’information ici, il y a déjà trouze mille sites qui s’en occupent ! Moins d’articles d’actualité donc, suivez-les plutôt sur Twitter pour ça, mais une tripotée de mini-dossiers et d’articles d’analyse : on va expliquer pourquoi le développement de tel jeu s’est mal déroulé, parler de la bande-son de tel jeu des années 90, ou encore faire des listes. J’explique mal, je crois que le plus simple reste de dire que c’est un site alternatif.

Si après cela, vous avez toujours soif d’informations, et bien mes cocos il va falloir vous mettre à l’anglais et se tourner vers l’international. Allez, quelques pistes pour vous les aminches :

  • Joystiq avec un Q, à ne pas confondre avec le regretté magazine français, de l’actualité en provenance des USA, très classique dans la forme mais efficace.
  • Zero Punctuation, le brittanique qui parle plus vite que son ombre, une courte vidéo par semaine pour le plus souvent démonter un jeu récent.
  • Eurogamer UK, car même si leurs confrères francophones font du beau travail, difficile d’être aussi complet que l’original.
Oh, sinon j’évite les sites suivants, que je ne linke même pas, na :
  • Kotaku, parce qu’ils ont beau être premiers sur l’info, ils spamment leur site de news putassières et inutiles pour générer du trafic (ex: « Telle doubleuse de jeu vidéo a fait un film porno ! »)… De même le site au design douteux n’hésite pas à troller ouvertement son public en lui spoilant la fin d’Arkham City, par exemple.
  • Ign/Gamespot, parce que ce sont des vendus. Un exemple ? Trouvez un jeu sur IGN qui a moins de 90% dans sa note. Il n’y en a pas ! Tout ça pour ne pas fâcher les éditeurs qui sponsorisent le site en y achetant de l’espace publicitaire !
  • Jeuxvideo.com, parce qu’ils ne citent jamais leurs sources (90% du temps des news de Kotaku traduites à l’arrache) et aussi un peu parce que ce sont des vendus. Et puis parce qu’ils notent sur 20, et que les notes sur 20 c’était au lycée les gars, il serait temps de grandir un peu.
  • Les blogs qui se la jouent testeurs professionnels pour générer du trafic. Comme Kanpai, qui devrait se contenter de parler du Japon !
Et vous, quelles sont vos sources secrètes et/ou préférées ?

Sagas Alien et Predator, la critique (4/4)

Après avoir beaucoup trop parlé de deux films qui ne méritent pas autant d’attention, c’est parti pour la quatrième et dernière partie de notre critique acerbe.

Alien3
Comme le film précédent l’a fait, on reprend là ou le film précédent s’est terminé (un point si vous suivez). Sauf que non, en fait il y avait trop de survivants, donc on tue tous les personnages d’Aliens sauf Ripley, et on dit d’aller se faire voir gentiment à James Cameron. Nous voilà donc sur une planète sous-peuplée de quelques prisonniers mâles (chromosomes YY, parce que parler génétique faisait très futuristique dans les années 80-90), et Ripley arrive au beau milieu, ainsi qu’un Alien. Parce que c’est dans le titre du film. Un peu comme pour le premier opus, un huis clos s’installe, les futurs macchabées n’ont pas d’armes, et on décide d’utiliser des effets spéciaux datés (=moches) pour l’Alien, qui se déplace à quatre pattes uniquement. Parce qu’il sort d’un chien / vache à la base. Les gentils contactent les méchants, qui veulent venir récupérer l’Alien parce que la Weyland-Kutani l’a toujours dans le baba depuis le premier Alien et doit en avoir marre. Donc les gentils décident de tuer l’Alien avant que les méchants arrivent, sauf que Ripley a une future reine xénomorphe en elle, arrivée là par l’opération du Saint Esprit (enfin le Jésus des aliens plutôt), puis ils meurent tous sauf un quand les méchants arrivent, et Ripley se suicide. Fin.
Malgré ce résumé on ne peut plus brouillon, le film est simple, noir, limite sectaire, bref un film de Fincher (fera ensuite Fight Club et Seven, entre autres). Pas nécessaire à la trilogie, mais une addition sympathique, qui manque tout de même de punch, d’un peu plus de budget et surtout d’une réalisation plus audacieuse.
Mais la boucle est bouclée, il n’y a plus de survivants xénomorphes, ni de survivants tout court d’ailleurs…

Alien Resurrection
Que nenni ! Ripley, morte ? C’est sans compter sur Jean-Pierre Jeunet, qui avant de devenir ultra-célèbre aux States avec Amélie Jument décide de tirer un peu plus sur la corde, transformant la trilogie en tétralogie, ce qui sonne tout de même beaucoup moins bien.
Donc Ripley est ressucitée grâce au clonage, un autre gimmick futuriste des années 90, ainsi que la reine Alien qui sommeille en elle. Bref tout le monde se fait éclater assez rapidement dans la joie, la bonne humeur, et surtout le gore. Le film est beau, graphiquement, Pitof n’ayant pas encore décidé de nous rendre épileptiques avec Vidocq.
Sauf que. 80ème minute du film, la crédibilité du tout s’effondre en même temps que naît le nouveau type d’Alien. Un xénomorphe avec un nez et une langue. L.O.L. auraient pu dire quelques avant-gardistes à l’époque. Car à partir de ce moment le film s’enfonce dans le n’importe quoi bien lourd, allant jusqu’à pomper la fin du premier film (les fans appeleront cela un « hommage »).
Au moins, ça a entraîné l’arrêt de l’exploitation de la franchise pour un bon bout de temps.

Résumons donc en quelques mots toute cette saga :
Alien : Star Wars + Film de monstre = Succès
Aliens : N’importe quoi + James Cameron = Profit
Alien3 & Alien Resurrection : Deux variantes sur les films précédents
Predator : Schwarzy + Monstre = Cool
Predator 2 : Predator – Schwarzy = Moins Cool
Alien vs Predator & Aliens vs Predator – Requiem : Ah non monsieur ça va pas être possible.

Ça, c’est fait. Oui, j’ai un peu honte.

Sagas Alien et Predator, la critique (3/4)

Après avoir disserté non sans peine sur les deux films Predator, enchaînons avec non pas les deux derniers films Alien, mais plutôt les cross-over ayant débarqué sur nos écrans bien plus récemment. Jamais deux sans trois donc pour notre saga critique et acerbe.

Alien Vs Predator
Pour commencer, c’est un film de Paul W.S. Anderson, le mec qui a pondu les adaptations de Mortal Kombat et Resident Evil. Bref il n’a pas une très bonne réputation, alors qu’en fait faire un film Mortal Kombat c’est quand même bien galère, et que les deux films sont assez bien tournés à défaut d’être bien tout court. Et puis bon, un film crédible avec Christophe Lambert c’est… Je diverge.
Donc Alien Vs Predator mélange les deux mythes. Du coup l’histoire se passe sur Terre et de nos jours, entre Predator et Alien soi-disant. Donc bieeeeeen avant le premier film Alien. Soit, le film préfère mettre en avant les Predator.
L’action de ce film se passe donc en Antarctique, où… Non non non. Le film vient de détruire le seul lien restant entre les deux films Predator, à savoir que les prédateurs aiment les endroits chauds et humides. Et ce sont eux qui ont installé la pyramide maïa au centre d’Alien Vs Predator, donc NON je ne suis pas d’accord, il n’y a aucune logique entre ces deux faits. Surtout que le fait que ça se passe en Antarctique n’a pas d’importance du point de vue du scénario, donc c’est incohérent ET inutile.
A part ça le scénario est classique : des humains menés par Charles Bishop Weyland… Oui oui Lance Henriksen reprend bien son rôle de Bishop, le mec qui n’a pas joué dans Alien 4 est présent dans cette pseudo-suite. Faut dire que le gars est un habitué des nanars, suffit de regarder sa filmographie, après Alienc’est un peu la déchéance totale.
Reprenons. Les humains mettent leur nez là où il ne faut pas, se font trucider par des xénomorphes et des prédateurs, mais évidemment à la fin le seul survivant est une humaine (l’héroïne, ça alors). Et on voit un Alien un peu particulier sortir du ventre du Predator mort, générique.
Le souci, c’est que le film ne se lâche jamais vraiment, sa classification PG-13 (en gros pas d’interdiction aux moins de X ans comme ça les ados américains peuvent aller le voir) n’aidant pas.
Mais ce n’est rien comparé à…

Aliens Vs Predator – Requiem
Tout d’abord, honte aux réalisateurs pour le nom du film : les mecs ont tenté la même feinte qu’entre Alien 1 & 2, puis ont décidé d’ajouter un sous-titre pour bien montrer que eh oh c’est la suite quand même. C’est ce qu’on appelle ne pas avoir le courage de ses ambitions. Les réalisateurs ont par ailleurs travaillé sur Xmen 3 et Les 4 Fantastiques, ce qui n’est pas de très bon augure.
Le film reprend littéralement là où le premier s’est arrêté : la naissance du Predalien dans le vaisseau des prédateurs. Le vaisseau se crashe sur Terre, hop un prédateur reçoit un signal de détresse, pour l’introduction des deux espèces on ne s’est pas trop foulés. Et c’est là que le film commence vraiment à faire peur : on rencontre les héros.
Les humains de ce film vivent dans un village reculé aux Etats-Unis bien sûr, si le vaisseau s’était crashé en Espagne au moins au aurait un peu rigolé. Donc bourgade très cliché et les héros qui vont avec. Et à ce moment on connaît DEJA la fin du film. Mes prédictions sur les personnages après 10 minutes :

  • le héros, un ex-taulard trentenaire : comme c’est le héros il survivra
  • le frère du héros, un ado rebelle amoureux d’une cruche et harcelé par des camarades de classe, triple pronostic : le mec survit, sa copine blonde cruche on s’en fout, et les voyous vont crever
  • le shérif, le « second héros », mais si le mec qui est aussi intelligent et fort que le héros mais prendra forcément une mauvaise décision qui le fera mourir
  • une militaire en weekend et sa petite famille : son mari n’a pas de personnalité donc il mourra, elle-même est une pseudo-héroïne donc devrait survivre et sa fille est une petite fille donc ne mourra pas.

Ce qui me fait mal, c’est d’avoir eu raison sur toute la ligne. A part la cruche blonde qui arrive à mourir « accidentellement », ce qui est fort dans un film de monstres, pas de surprise.
Bref le Predalien est une reine qui pond par la bouche, normal me direz-vous. En même temps, le Predalien on s’en fout un peu, parce qu’avec la caméra qui bouge tout le temps pendant les scènes de combat on ne comprend rien et on ne s’y intéresse plus après 2 minutes.
Evidemment à la fin les gentils gagnent et la ville est atomisée parce que… un militaire a vu des trucs bizarres sur son radar. Waow, je savais que les militaires étaient rarement des génies au cinéma, mais quand même là c’est un sacré irresponsable.

Et on va s’arrêter là pour aujourd’hui, avant de s’attaquer aux deux titres les plus controversés des deux sagas : les deux derniers Alien.

Sagas Alien et Predator, la critique (2/4)

Après avoir effleuré Alien et Aliens, on va aujourd’hui s’attaquer non pas à la suite de la saga Alien, mais aux deux films Predator. En avant marche pour la deuxième partie de notre critique acerbe.

Predator
En quelques mots : un film avec Schwarzenegger. On sait qui est le héros, on sait qui survivra à la fin. Sans doute un des premiers films de Governator vu que son doubleur français pour ce film n’est pas encore celui que l’on reconnaît tous sans en connaître le nom.
Pendant une bonne moitié du film, on assiste à un film d’action à mercenaires on ne peut plus classique, suffit de rajouter quelques scènes où on ne voit pas le Predator (suspense). Les héros sont des gros bourrins un peu comme dans Aliens, mais en pire. Ils arrivent dans une base secrète au milieu de la jungle gardée par… des russes, ça ne s’invente pas, et tuent tout le monde sauf la seule femme qu’on verra dans le film, qui ne servira jamais à rien mais bien entendu survivra.
Evidemment, elle ne parle pas français pendant tout le film, sauf à la fin pour dire merci à Schwarzy, de façon très arrangeante vu qu’à ce moment le traducteur de l’équipe vient de se faire trucider par le Predator. Soit.
Pour des mercenaires d’élite d’ailleurs, ce ne sont pas des flèches. Leurs pièges se retournent contre eux, un des soldats se la joue indien brave et veut retarder le Predator… en l’affrontant à mains nues. Encore un candidat au suicide.
Puis la fin. Schwarzy se retrouve sans armes, donc évidemment le Predator se met à son niveau. Apparemment les Predators ont le même QI que Schwarzenegger, ce qui pose de sérieuses questions quand à leur survie sur le long terme. Schwarzy gagne, le Predator se fait exploser (pas par Terminator hein, il se suicide), rideau. Un bon film d’action, à condition d’aimer les clichés.
Donc un film moyen.

Predator 2
Changement de décor drastique : on passe de la jungle tropicale à Los Angeles, ou New York, peu importe. Bref une grande ville connaissant la terreur des gangs, un classique. Pour commencer, j’ai attendu l’arrivée de Schwarzenegger pendant une bonne demie-heure. Je me suis dit : « C’est bon, ils vont se faire défoncer jusqu’à l’arrivée prophétique de Musclor ». Mais non. Pas de Schwarzy dans ce film.
D’ailleurs le héros de ce film est plutôt le Predator, parce que le flic ultra-nerveux (donc afro-américain, merci Hollywood de participer à la disparition des clichés ethniques) on a bien envie qu’il meure. Mais non, car c’est le héros.
L’histoire ? Le prétexte pour amener un Predator en ville c’est « il fait très chaud et humide, comme dans la jungle », bravo les gars. Les gangs sont méchants : Predator les tue. Les flics sont gentils : Predator les tue. Sauf la femme enceinte, parce que… j’en sais rien.
Evidemment les Hommes en Noir du Gouvernement s’en mêlent, Predator les tue, aussi. Puis c’est la course-poursuite finale entre le héros qui est plus surhumain que le Predator lui-même vu tout ce qu’il se prend sans mourir. Une médaille pour la scène de l’ascenseur : le héros glisse le long d’un câble d’ascenseur, puis tombe, mais se rattrape de justesse 10 mètres plus bas par la seule force de ses bras. Puis à la fin du film on se rend compte que les Predator viennent en vaisseau spatial sur Terre parce que… j’en sais rien, puis ils s’en vont une fois que le héros a tué un des leurs, logique.
Bref, ce film n’a rien à voir avec le premier. Là où Aliens est un hommage à son prédécesseur, Predator 2 crache sur tous les éléments qui rendaient le premier film potable.

La prochaine fois, on verra pourquoi les cross-over, parfois, c’est mal.

Sagas Alien et Predator, la critique (1/4)

Allez, aujourd’hui on lance une série de posts sur deux franchises cinématographiques bien connues : Alien et Predator. 8 films, autant de critiques le plus souvent acerbes, vous voilà prévenus.
Aujourd’hui, Alien et Aliens.

Alien
Le premier film de la saga, réalisé par Ridley Scott. Déjà, confusion entre le prénom du réalisateur et celui de l’héroïne, Ripley, incarnée par Sigourney Weaver. Pas de chance pour moi, le film est lent, pour créer une atmosphère, et prend bien son temps avant de nous montrer la bête tueuse pour la première fois. Sauf que je sais déjà à quoi ça ressemble, un alien. C’est un peu comme voir Usual Suspects pour la première fois tout en sachant que Kevin Spacey est Kayser Söze (et là vous me détestez).
Heureusement, le film a bien vieilli, grâce à l’utilisation de maquettes et de robots au lieu d’effets spéciaux créés sur ordinateur. Par contre Sigourney en culotte c’est quand même vraiment moins attirant pour l’oeil aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Et je ne comprends pas pourquoi les coupes de cheveux des années 80 reviendront à la mode dans le futur.
Dans l’ensemble, un bon film, mais sans surprise à cause de son propre succès.

Aliens
Un titre qui paraît un peu flemmard, mais qui veut dire beaucoup de choses : on sait déjà que les héros ont galéré dans le premier avec un seul xénomorphe (oui ça veut dire alien aussi, encore un truc de scientifiques qui ont voulu se la péter), alors avec plusieurs à affronter…
L’histoire reprend à la fin du premier film. James « Terminator » « Titanic » « Avatar » Cameron a gobé le premier film, et nous le ressort avec des améliorations un peu partout, éclaircissant les zones d’ombre qui pouvaient planer sur la vie de nos amis les aliens.
Par contre, Ripley se voit affublée d’une bande de mercenaires plus que stéréotypés. Disons-le subtilement, selon ce film les militaires sont des connards de beaufs machistes et lourds. Le problème c’est que le film insiste vraiment trop sur ces stéréotypes, c’est peut-être pour cela qu’on est content quand ils meurent, en fait.
Le premier était un film de SF / horreur, le second est un film d’action bourré aux hormones. Evidemment, la petite fille ne meurt pas à la fin. Hollywood, merci de savoir me surprendre perpétuellement.

La prochaine fois, on verra que les franchises ne se construisent pas toutes de la même façon. Pour le meilleur et pour le pire.

Mercredi, c’est Cinéma, et ça rime pas

Aujourd’hui, première sortie cinéma. Au Japon je veux dire, je suis déjà allé au cinéma en France quand même. Avant de parler du film trois précisions sur le cinéma japonais :

  • c’est cher, environ 12€ le tarif étudiant, 16€ tarif plein. Autant dire que t’y vas pas tous les jours.
  • les salles sont peu fréquentées. Les nippons sont moins friands de cinéma que de location de dvd, ils préfèrent être pèpères chez eux, et puis c’est plus rapide, moins cher, et il y a plus de choix.
  • la plupart des films étrangers sont en version originale avec sous-titres japonais, pour mon plus grand bonheur. Quoique, après avoir vu sur petit écran un film d’action lambda, Schwarzy en japonais ça dépote mon pote.

Voilà, le contexte est placé, place à l’action. Et quelle action ! Car le film que j’ai vu n’est autre que Blood: The Last Vampire, intitulé Last Blood ici pour des raisons qui m’échappent complètement, peut-être que le nom du film était trop long pour le public japonais.

Pour ceux qui ne connaissent pas, et ils sont nombreux, Blood est avant tout un moyen-métrage d’animation japonais qui avait fait forte impression lors de sa sortie. Plein d’années plus tard (oui j’ai même la flemme de chercher sur wikipédia, c’est dire), une adaptation en film voit enfin le jour grâce à nos amis mangeurs de burgers. Après avoir vu la bande-annonce, je me dis que ce film a l’air chouette et qu’il mérite d’être vu. Double coup de bol, il passe au Japon (ce qui n’est pas si fréquent que ça pour les films étrangers qui ne sont pas des blockbusters). Et puis on voulait voir Terminator 4 mais il ne sort que la semaine prochaine ici.

Je ne vous laisserai pas languir plus longtemps : ce film est un nanar. Mais un bon nanar assumé dopé aux hormones. Qu’est-ce qu’on retrouve ? Un film d’action nerveux et bien rhythmé, avec un nombre de clichés du cinéma réunis comme on ne l’a jamais vu. On retrouve :

  • une lycéenne japonaise qui n’est pas vraiment lycéenne, comme dans tous les mangas
  • des agents secrets tellement habillés en agents secrets (mixez Men in Black et la Gestapo pour avoir une idée) qu’on les grille à deux kilomètres
  • un flashback de quand l’héroïne a appris à se battre avec un maître chinois
  • un maître d’arts martiaux qui meurt (en plusieurs fois en plus)
  • un mentor qui meurt
  • un parricide
  • une étudiante américane lambda et blonde qui jouera le rôle de gros boulet du film (vous savez, le personnage que tout le monde veut voir mourir, mais qu’en fait tout le monde sauf elle meurt)

Entre autres. Et encore, je ne vous ai pas parlé du grand mystère du film pas du tout prévisible, je vous donne un indice et vous laisse deviner ce qui se passe : L’héroïne n’a jamais connu sa mère, et le grand méchant est une femme qui ressemble à l’héroïne avec 20 ans de plus. Trop dur.

Dans beaucoup d’autres films, ce serait franchement pas terrible. Mais là c’est tellement gros qu’on se marre, et comme les scènes ne s’éternisent pas, la pilule passe allègrement. Ce qui passe parfois moins bien, ce sont les effets spéciaux. Parfois plutôt réussis, souvent ratés, on pense vraiment voir là le travail d’un stagiaire qui s’y connaît à peu près autant en effets spéciaux que moi en géographie (indice : je ne sais pas situer les 5 grands fleuves français sur une carte). Ce qui joue d’autant plus en faveur de la nanardisation du film. De nombreux faux raccords sont présents, genre la coupe de cheveux de l’héroïne qui change d’un plan à l’autre, ou encore la potiche ayant le visage nickel après un passage au lance-flammes, pour se retrouver avec le visage noir dans le plan suivant. Un Tokyo des années 70 crédible tant qu’on est dans la base militaire, mais qu’on oublie vite dès qu’on voit les quartiers de Tokyo un poil trop « actuels » pour 1970…

Mais si ce film est bon, c’est parce qu’il y a quand même de grands moments jouissifs : les plans sont dynamiques, la musique dessert bien l’action, les décors assez jolis, le jeu des acteurs… euh, inégal (mention nanar pour le surjeu total de l’agent secret, et pour l’accent japonais pourri de la méchante qui lit son prompteur). Mais comment peut-on ne pas aimer un film qui regroupe en une heure et demie tous les éléments suivants :

  • une lycéenne japonaise vampire
  • qui se bat au katana
  • contre des vampires
  • et des monstres volants
  • un maître chinois qui meurt
  • des ninjas
  • des corps découpés avec classe dans les rues de Tokyo mais aussi dans une forêt typiquement japonaise
  • un agent secret avec un chapeau feutre
  • une grosse explosion à la Michael Bay (une seule oui, pas assez de budget)
  • une coupe afro qui rend puissant (enfin qui montre que le gars est puissant)

En tous cas, je le nomine officiellement aux Nanars d’Or 2009 du blog.