Shinkansen

J’ai pris le shinkansen aujourd’hui, pour la première fois de ma vie. Le shinkansen, c’est l’équivalent du TGV chez nos amis nippons, tout aussi chauvins que nous par rapport à leur belle technologie en matière de transports.
En anglais, le shinkansen se nomme « Bullet Train », alias le train qui va aussi vite qu’une balle de revolver. Et ça, c’est plutôt rapide. Plus de 300km/h, relie Tokyo et Kyoto bien plus
rapidement que par n’importe quel autre moyen de transport, autant dire que la Route de Kyoto du temps des samouraïs, c’est un peu surfait.Deux grandes différences subsistent cependant entre les modèles français et nippons, en dehors des aspects purement techniques :

  • le shinkansen n’est jamais en retard, et pour cause : il ne s’arrête pas plus de 3 minutes à chaque gare, autant dire qu’il faut sauter dans le train illico presto, sous peine d’atteindre le suivant une heure plus tard.
  • le design intérieur, Waow. C’est tellement bien pensé. Il y a de la place pour tout le monde, on pourrait installer Michael Moore sur ces sièges sans débordement (oui j’assume mon mauvais goût). Alors que déjà dans notre TGV national, c’est pas évident de bouger lorsqu’on est assis à côté d’une personne… en… surpoids dirons nous. En gros, la seconde classe nippone, c’est notre première classe à nous.

Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est un détail auquel nous, français, n’aurions JAMAIS pensé : les sièges peuvent tourner. Je m’explique : les banquettes sont constituées de 3 sièges, et il y a assez de place entre 2 banquettes (l’une devant l’autre) pour en tourner une à 180°, et, magie du spectacle, on se retrouve avec deux banquettes face-à-face. Ce qui permet à une famille classique de passer le voyage réellement ensemble, comme s’ils étaient autour d’une table ! Et ça fonctionne également dans l’autre sens : combien de fois avez-vous rêvé de ce genre de choses dans le TGV, lorsque vous aviez un môme de 3 ans essuyant sa morve sur vos genoux durant tout le trajet Paris-Marseille ?

Parfaite illustration du talent des japonais pour le design, le gain de place et la praticité… Un peu comme le Jankenpon, dont on parlera demain.

Narita Haïku

Pieds nus dans le train,
de relaxation hâtive,
les personnes profitent.(Japon Pompon in Jésus Christ sonne toujours deux fois, 2003, Baudelaire)

Tous Onsen

Ce titre au calembour plus que douteux n’a pas reçu l’approbation du CSA.

Les Onsen (prononcez à peu près Aune-Seine), ce sont les bains publics japonais placés le plus souvent sur des sources naturelles d’eau chaude. Et on ne parle pas d’eau chaude comme la Méditerrannée en été, mais bel et bien d’eau à 40° Celsius.
A Odaiba, celui que nous avons pu tester avec quelques amis n’est cependant pas naturel. Mais pour compenser, ses créateurs ont décidé de lui donner un aspect Japon médiéval du plus bel effet.
Même si l’on n’y croit pas une seconde (entre autres à cause des boutiques omniprésentes vendant du Hello Kitty), ça donne une belle impression de ce qu’ont pu être les onsen au 18ème siècle…
Ce qui donne cette impression, c’est avant tout le fait que tout le monde y est habillé comme au Vieux Japon, et ça, c’est tout de même bien sympathique.
Et si sur les photos on ne voit pas de bains, c’est tout bêtement parce qu’on ne peut y prendre de photos, vu que tout le monde s’y balade entièrement nu. Et je vous rassure tout de suite, ce ne sont pas des bains mixtes, c’est déjà pas forcément évident de se relaxer à poil devant des inconnus, alors autant qu’ils soient du même sexe que vous (quoique j’ai eu des doutes sur certains individus fort efféminés et au système pileux torsal absent).
En tous cas, un bon onsen, c’est bien agréable.

PS : Vous aurez certainement remarqué une légère censure, à peine perceptible grâce aux moyens technologiques modernes dont nous disposons.

Le Chocolat, c’est (pas vraiment) pour les Gars

Comme promis, nous allons aujourd’hui nous attaquer au proverbe bien connu : « Le chocolat, c’est pour les gars ». Au programme plusieurs angles d’attaque pas toujours rationnels.Tout d’abord cela n’est qu’une question de jalousie : parce que la vanille c’est pour les filles, il fallait que les garçons aient quelque chose. Et vu qu’à part caleçon, glaçon et hameçon on trouvait pas grand chose qui rimait avec garçon, c’est tombé là-dessus.

Et puis on sait que les filles raffolent de chocolat, certainement bien plus que leurs homologues masculins. Alors pourquoi attribuer le chocolat aux hommes à ce moment-là ? Quelques sources aussi fiables que Judas :

  • le groupe Facebook « Chocolat » contient 72% de femmes. Ça c’est de la statistique à toute épreuve.
  • Willy Wonka possède une fabrique de chocolat. Vous ne voyez pas le rapport ? Moi non plus.
  • une étude britannique (commandée par une marque de chocolat, tiens donc) a dit que 52% des femmes assurent préférer le chocolat au sexe. Les hommes, eux, affirment à 87% préférer le sexe au chocolat.

Par ailleurs, près de la moitié des hommes à chapeau melon offrent régulièrement du chocolat à leur partenaire, pas fous les gars, ils ont compris que si chocolat > sexe, alors pas de chocolat = sûrement pas de sexe.
Ce qui expliquerait pourquoi on dit que le chocolat c’est pour les gars. Et oui Jamie, si « gars = chocolat « et « filles aiment chocolat », alors « filles aiment gars » en toute logique.

Et franchement, quand vous pensez au chocolat, vous voyez plutôt le mec de la pub Dim en train de croquer dans une tablette de Côte d’Or après un match de rugby, ou plutôt Bridget Jones en train de s’empiffrer d’Häagen-Dazs après s’être fait larguer ?

Oui, je sais, mes référenes craignent. Mais il n’empêche que je viens de trouver une superbe campagne de pub pour n’importe quelle marque de chocolat addressée aux femmes. Et toc.

Harajuku m’a tuer

Ma cornée rétinienne est saturée. Cette surcharge d’informations provoque une centaine d’explosions nucléaires successives dans mon cerveau. Je suis à Harajuku, le quartier de la mode tokyoïte, et je viens de prendre une grosse claque visuelle.Je m’explique. Comme vous le savez certainement déjà, Tokyo est avec Paris, Milan et New York une des capitales de la mode. On y trouve donc pas mal de jeunes gens habillés de façon ultra-branchée, et quand je dis ultra-branchée, c’est parce qu’on a vraiment l’impression qu’on les a branchés sur une prise électrique. Suffit de regarder la coupe de cheveux de l’étudiant japonais moyen pour comprendre.
Jusque là, je trouvais que mis à part le fait que la mode locale paraîtrait bien étrange à de nombreux français, c’était pas si révolutionnaire que ça, finalement. En tous cas cela ne m’étonnerait guère de voir débarquer le même style de vêtements chez nous d’ici cinq ans. La mode japonaise n’étant qu’une mode comme les autres, avec ses codes , ses formes, et ses couleurs.Je me plantais sur toute la ligne. Jamais une boutique française ne proposera ce que j’ai vu. Il y a ici une gargantuesque variété de vêtements.
Là où la mode française propose différents styles (genre « sortie en boîte », « casual », « sportif », « classieux »…), la mode japonaise dispose d’un spectre de styles, une sorte de tout englobant tous les styles à la fois.
Je ne saurais décrire tel ou tel style vestimentaire local, car il y a un nombre de nuances hallucinant qui brouille les frontières entre les styles. Il est en fait quasi-impossible de décrire des catégories d’habillage.

Autre élément incontournable : le choix des couleurs. On parle toujours de saison « orange », « bleue », etc quand on montre ce qui est à la mode de chez nous ou pas. Ici, on trouve dans le même magasin une veste de costard bleue flashy, une ceinture tête de mort et un jean rose (oui les nippons aiment le rose, ce sera le sujet d’un autre post), à côté d’une tenue mono ou bichrome tout ce qu’il y a de plus classique.

Le résultat : Chaque boutique est un festival de variété vestimentaire. Associez à cela l’optimisation de l’espace toute japonaise, et ça donne une saturation du nombre de choix dans une seule et même boutique. C’est pourquoi le shopping nippon fatigue bien plus que le shopping français : beaucoup plus de données à analyser en moins de temps. Cette variété procure la sensation de pouvoir se créer « son » propre style vestimentaire, ou tout du moins de pouvoir trouver les vêtements qu’on aimerait porter, de recréer son soi vestimentaire imaginaire.

Si je vivais ici, je deviendrais très probablement un accro au shopping.
Mentions spéciales :

  • à la plupart des boutiques qui pratiquent des prix tout à fait acceptables pour des fringues aussi branchées
  • à la boutique assez classique qui passait du métal en musique de fond, sans que les clients fuient en pleurant du sang
  • à la boutique Glam, qui vend des fringues qu’on croirait sortis d’une soirée SM
  • à la boutique Borsalino, exposition à l’appui, sauf que pour le chapeau à 600€ je reviendrai dans une dizaine d’années hein.