Anthropologie du troll – Partie I

Attention, post à contenu polémique et humoristique.Je me suis promis deux choses en ouvrant ce blog : mettre à jour quotidiennement, et ne jamais réagir à l’actualité… Mais là, c’est plus fort que moi. Il faut que je vous en parle. J’ai donc trouvé un moyen de contourner ce second problème : aujourd’hui, nous allons définir ce qu’est un troll.

Tout d’abord, un troll est une créature monstrueuse que l’on retrouve dans l’univers fantaisiste du Seigneur des Anneaux. En bref, c’est un gros bestiau pas beau.
Un troll de l’Internet est une personne qui commente une actualité, un article, un film… ou quelque autre sujet de conversation que ce soit, par une réflexion sans argument que l’on peut qualifier le plus souvent de diffamatoire. En bref, de l’insulte gratuite et sans fondement. C’est nul parce que c’est nul, et je le dis comme ça, brut de décoffrage.Nous tenterons en plusieurs parties de vous expliquer ce que sont ces bêtes curieuses de l’Internet et quelles en sont les différentes espèces…

Voici donc un exemple de titre d’article suivi de plusieurs catégories de trolls :

« La Poste envisage de stopper la livraison à J+1 d’ici 2011 »

Première catégorie :
Commentaire de Kevindu63 : La poste sa krin du cul

Bon ça c’est l’exemple basique, qu’on retrouve partout. Peu importe le sujet, le troll de base le critique, parce qu’il n’aime pas, et veut partager sa haïne avec tout l’Internet.

Deuxième catégorie :
Commentaire de BogossUmP : Ils ont bien raison d’arrêter ce service, ça leur libérera un peu plus de temps pour les pauses cafés. Bientôt La Poste ouverte du Mardi au Mercredi de 15h à 16h !
Bande de fainéants du service public, vivement la privatisation !

Là c’est le politicard. Il a tout un tas de théories qui confortent son opinion, et dans notre cas n’aime pas le service public.  Parce que ledit service public qui lui prend ses impôts a
livré sa lettre à Tatie Jeanette avec 1 jour de retard, il aimerait licencier, délocaliser et privatiser tout ce qui lui tombe sous la main. Remarquez que l’argument politique va rarement plus loin que la brève de comptoir d’un point de vue philosophique.

Troisième catégorie :
Commentaire de Revoluzzione68 : Pff espèce de droiteux t’es bon qu’à critiquer mais j’aimerais bien t’y voir [s’ensuivent trente lignes décrivant le quotidien difficile des employés de La Poste, incluant deux ou trois comparaisons avec les camps de la mort]. C’est à cause de gens comme toi que c’est la crise, espèce de facho !

Réponse au commentaire précédent, deux en un. Peu importe le penchant politique du premier commentateur politicard, il y aura toujours son antagoniste, encore plus virulent que le premier, ce qui nous promet une belle escalade d’insultes dans les commentaires à suivre.
Autre point notable : le point Godwin est déjà atteint (on dit qu’on atteint le point Godwin lorsqu’une des personnes participant au débat fait un rapprochement entre un autre participant et le nazisme, ce qui signifie la fin d’un débat constructif). Chapeau les gars.

La suite mardi prochain

Discrimination positive

Je bénis les écouteurs japonais. Petit flashback explicatif :
Deux semaines après mon arrivée ici, mes écouteurs de très bonne qualité ne résistent pas plus longtemps aux assauts répétés des voyageurs dans le train : un écouteur lâche. Comme je suis un maniaque des écouteurs et qu’avoir la moitié d’un son stéréo me traumatise (au point de me mettre de mauvaise humeur, si si), je me mets à la recherche de nouveaux écouteurs.
Au détour d’une soirée, nous nous arrêtons dans une supérette « 99 yen shop » (je vous en reparle bientôt), et que vois-je ? Des écouteurs à 100 yens (70 cents). A ce prix-là, je peux tenter. Ma première paire d’intra-auriculaires. Je remarque très vite un défaut : les intra-auriculaires ont un sacré effet boules quiès, ce qui signifie qu’on entend presque aucun bruit extérieur, augmentant ainsi les possibilités d’accident ou d’assoupissement dans le train. La qualité du son est plutôt bonne, mais pas parfaite.
Seulement voilà, deux jours plus tard, un phénomène étrange se produit : un des deux écouteurs (décidément) se met à jouer la musique beaucoup moins fort. Et c’est encore plus ennuyeux que de ne plus fonctionner du tout, car cela vous donne l’impression d’avoir une oreille à demi bouchée.
Grande résolution : je dois aller à Akihabara (dans le quartier surnommé Electric Town, pas pour rien) pour trouver une bonne paire d’écouteurs à pas cher. Mais un jour, je m’arrête dans la boutique d’électronique proche de la résidence étudiante, à la recherche d’un additionnel adaptateur de courant pour prises européennes (mon unique autre adaptateur étant monopolisé 2h/24 par mon PC à batterie nulle). Paradoxalement, je n’y trouverai pas d’adaptateur mais des écouteurs, alors que je trouverai un adaptateur à Akihabara quelques jours plus tard.
Des écouteurs de grande marque à 10€ à peine, ça ne se refuse pas. Fil d’1,6m cette fois-ci, j’ai compris la leçon avec mes premiers écouteurs. A peine achetés, à peine déballés. Immédiatement convaincu par la qualité sonore.
Mais le meilleur point reste celui-ci : ces écouteurs ne me font pas mal ! En effet, l’étroitesse de l’intérieur de mes oreilles me condamnait jusqu’à présent à souffrir à chaque essayage d’écouteurs… C’était sans compter sur un facteur de localisation : les japonais aussi ont de petites oreilles, du coup les écouteurs sont adaptés à leur taille.C’est dans ces moments-là que je me rends compte que le Japon, c’est du tout bon. Mes comparses de la gente féminine n’en diront toutefois pas autant pour les vêtements, en particulier en matière de bonnets… Et je ne parle pas de ceux qu’on met sur la tête (enfin, c’est vous qui voyez).

Un musée très animé

Et oui, pour ceux qui ne le savaient pas, je suis allé ce week-end au bien connu musée Ghibli.
« C’est quoi le musée Mowgli ? » entends-je déjà clamer la foule. Aucun rapport avec le livre de la jungle ici, le musée Ghibli étant consacré à l’histoire, à l’univers, aux productions et aux inspirations des studios Ghibli. Ghibli, pour les deux du fond qui ne suivent pas, c’est les gens qui ont commis Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro, Porco Rosso, le Château dans le Ciel, ou plus récemment Ponyo sur la Falaise.
Donc du dessin animé qu’il est bien pour toute la famille. Si vous n’avez vu aucun de ces films d’animation, je vous conseille vivement d’y jeter un œil, voire même les deux, et carrément ceux du voisin aussi tant qu’à faire.
En très gros, Ghibli c’est le Disney japonais. De même, Hayao Miyazaki est à Ghibli ce que Walt Disney est à Disney : non, il n’est pas mort, c’est le fondateur des studios. D’ailleurs les films Ghibli sont distribués par Disney un peu partout dans le monde, c’est dire.Après cette longue introduction, un peu d’action.
Le musée en question se trouve au beau milieu d’une forêt de la banlieue de Tokyo, ce qui correspond tout à fait au thème majoritairement abordé dans tous les films du studio : l’amour de la nature. Même les pancartes indiquant la destination du musée sont en bois et gravées (tandis que les pancartes habituelles sont en ferraille quelconque).
Après une petite balade dans les bois, nous voici donc devant le musée, et soudain c’est l’émerveillement : le musée est dans l’univers Ghibli.
Je m’explique. Tout dans l’endroit semble tiré de l’univers des différents films d’animation du studio, et quand je dis tout c’est tout : l’architecture extérieure, intérieure, les décorations, les ascenseurs, les jardins floraux (dont un sur le toit), les différentes enclaves… On a véritablement l’impression qu’ils ont imprimé en 3D un mix de leurs films. Un peu comme si un musée sur la préhistoire ressemblait à une jungle. L’immersion est immédiate.
Il y a même des endroits seulement accessibles aux enfants (et je suis jaloux), comme ce mini-escalier en colimaçon ou bien, comble du génie, un chat-bus géant (de Mon Voisin Totoro) en peluche faisant également piscine à balles. Même les toilettes sont design, on se croirait dans un train du début du 19ème siècle.

On nage en plein dans le ludo-éducatif, avec la principale exposition réservée à Ponyo sur la Falaise, dernier film en date des studios : des mini-stands adaptés à la taille des enfants, chacun expliquant comment fonctionne tel ou tel mécanisme de l’animation, activités manuelles à la clé. Exemple : tourne une manivelle pour faire défiler les images à une vitesse suffisante pour voir l’animation.
Car c’est certainement un des derniers studios d’animation qui recourt encore aux techniques traditionnelles d’animation, c’est-à-dire pas ou très peu de conception assistée par ordinateur. On se rend compte de l’étendue du travail que cela demande lorsqu’on voit l’ensemble des dessins demandés par Ponyo sur la Falaise : de quoi remplir à bloc une camionette sans passagers. Impressionnant.
Au cours de la visite également, et pour se reposer un peu les jambes, projection en salle d’un court-métrage d’animation. En japonais intégral. Sans musique, et quasiment sans dialogues, tous les bruitages étant faits « à la bouche » (imaginez un cartoon, et remplacez les sons par quelqu’un qui dit « Boum ! », « Splash ! » et consorts), l’histoire reste très simple à comprendre, car orientée vers un public très jeune.
Mais le musée Ghibli c’est aussi une exposition permanente sur Hayao Miyazaki, ses inspirations, ses passions. Et là je dis chapeau pour la reconstitution de l’atelier du maître, on s’y croit réellement : une sorte d’atelier de dessin mélangé à une bibliothèque de botanique et tout un paquet de souvenirs des quatre coins du monde.

Seul bémol : l’interdiction de prendre des photos à l’intérieur du musée, du coup voici la seule photo que je trouve vraiment représentative du lieu, désolé mais seuls les connaisseurs comprendront :

Quand soudain, surgissant de nulle part…

J’aurais aimé avoir une photo pour illustrer cet article.
J’aimerais vous parler un peu de personnes que l’on peut croiser dans les quartiers branchés de Tokyo. Ces personnes, je les appelle Corbeaux Noirs. Pourquoi ?

  • Car ce sont de jeunes hommes (de 20 à 25 ans à vue de nez) habillés en costume noir.
  • Car ils ont tous une coupe de cheveux à la mode, c’est-à-dire en hérisson avec du gel, un peu comme Tokio Hotel.
  • Car ils ont le visage pâle et du khôl autour des yeux (trop de maquillage tue le maquillage).
  • Parce qu’ils ne bougent pas, tels des corbeaux attendant la mort d’une proie.

Au départ, je pensais qu’ils étaient des sortes de conseillers, de videurs ou de publicitaires, car ils se trouvent souvent devant des bars.
Il paraîtrait qu’en réalité, ce sont des escorts boys. C’est tout de suite beaucoup moins drôle et glamour. Mais cela reste étonnant, je veux dire, on trouve des bars à hôtesses un peu partout (j’en reparlerai), mais pas vraiment d’escorts girls ou de prostituées dans la rue. Juste ces hommes.
Je vais tenter d’en savoir plus, car j’ai l’impression qu’on touche une fois de plus à un phénomène bien culturel et difficile à appréhender pour un étranger.Oh, et sinon, j’ai vu un type en jupe courte avec une couche se balader avec un caddie. Normal.