Les diapos de Papy Traquenard

Parce que les paysages écossais sont beaux, et aussi un peu pour rentabiliser mon smartphone et parce que je n’ai pas beaucoup d’inspiration pour cette conclusion, nous finirons ce rapide tour du pays natal de Picsou par une sélection de photos !

(exceptionnellement, il faut aller sur la page de l’article pour voir les photos, car sans ça la page principale mettrait vraiment trop de temps à charger, promis c’est exceptionnel)

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Narita Haïku

Pieds nus dans le train,
de relaxation hâtive,
les personnes profitent.(Japon Pompon in Jésus Christ sonne toujours deux fois, 2003, Baudelaire)

Y’a de l’orage dans l’air

Depuis deux jours, le climat se fait de plus en plus lourd à Tokyo. L’orage ne va pas tarder à éclater, mais avant les nuages noirs, ce sont les bouches de mes colocataires qui s’ouvrent.
Nostalgie, peines de coeur, embrouilles entre amis, rivalités et coups bas surgissent au grand jour dans la salle à manger. Les voix se font plus fortes qu’à l’habitude, plus affirmées, plus lourdes de conséquences.
C’est ce genre d’instants où on apprend le véritable ressenti des gens, où tout le monde relâche la pression accumulée ces trois derniers mois. L’orage des sentiments éclate, le flot de paroles se déverse, les éclairs surgissent des regards, le vent des rumeurs se fait grondement…
Plions-nous donc à la fureur de l’orage tels les arbres, quitte à y laisser quelques feuilles. Les mauvaises racines n’en souffiront que plus.
Jusqu’à la fin de l’orage d’ici quelques jours, où le climat reviendra à son calme habituel… Et où j’arrêterais les essais poétiques à deux balles.

Avant le sommeil

Je ne sais pas pour vous, mais le soir, juste avant de s’endormir, c’est souvent le moment où j’ai tout un tas d’idées qui surgissent de nulle part, souvent en rapport avec ce que j’ai vécu le jour même. Quelques extraits :
– This was awesome…
– Wait why am I thinking in english I don’t need to speak in english anymore today !
– Attends pourquoi je me demande en anglais pourquoi je pense en anglais là ?
– Elles étaient cool ces chaussures quand même…
– Ah la tronche qu’il a tiré c’était génial !
– Je devrais faire un article sur ça, d’ailleurs…
– Et là le gars se rend compte qu’il est invisible !
– Non mais arrête il faut dormir maintenant…
– Mais quand même ce scénar’ il est super !
– Je fais quoi demain au fait ?
– Je suis sûr d’avoir oublié quelque chose aujourd’hui…
– Bon allez maintenant il faut vraiment dormir…
– Je me demande pourquoi on a toujours ce genre d’idées stupides avant de s’endormir…
– D’ailleurs je pourrais en faire un article pour le blog !
– Ouais, demain j’en fais un article.
– Et le coup du mec invisible c’est à creuser aussi…
– Bon, dodo ou quoi ?
Le tout en à peu près 5 minutes. Ce serait tellement plus pratique si j’avais toutes ces idées quand je suis en face d’une note de blog vierge… Bon d’un autre côté ça m’évite aussi de raconter un tas d’âneries que moi-même ne comprendrais pas 5 minutes après l’avoir écrit, vu qu’en général ce genre de pensées a autant de sens logique qu’un rêve… Une fois de plus, le statu quo l’emporte. Nous voilà bien avancés.

Les cerisiers, c’est terminé.

 Si vous voulez voir ça, et bien c’est trop tard. Fallait venir au Japon avant, na.
C’est l’avantage des photos : on peut les sortir au meilleur moment pour narguer les autres.
Consolez-vous : pendant ce temps-là, vous pouvez continuer à vous empiffrer de chocolats de Pâques, et pas moi.

Maître Corbeau, sur un arbre perché…


Les cerisiers japonais sont en fleur, et c’est beau.
Non, en réalité, c’est tout autre chose : c’est magnifique, c’est magique, les pétales de cerisiers tombent comme de la neige, pris dans des tourbillons de vent, et morbleu ne me réveillez pas si tout cela n’est qu’un rêve.

Bon, ça c’est fait, autre sujet. Les corbeaux. Enormes. Plus gros que des pigeons parisiens mutants. Ils sont partout. Et ils n’ont peur de rien. Ne laissez aucun sac poubelle traîner dehors, sauf si vous voulez faire un élevage de corbeaux.
J’aime bien les corbeaux (« karasu » en japonais, étonamment proche de l’anglais « crows ») et j’adore les cerisiers. Alors un corbeau dans un cerisier, pensez-vous, j’ai pas loupé l’occasion. Mais, attendez, il me regarde. Si, si, il me REGARDE. Il sait. Par les saintes chaussettes de MacGregor, je deviens fou. Un sumo, euh suppo, et au lit.

N’empêche, ils devraient installer des cerisiers à Venise, ça claquerait encore plus niveau romantisme. Imaginez : une balade sur une gondole sous des cerisiers. Super-awesome.
… Ah quand même ces cerisiers mais quelle classe mes amis QUELLE CLASSE !

Joindre la tuile à l’agréable

Il y a des jours comme ça, où c’est pas de chance. Par exemple, aujourd’hui, pas d’inspiration. Et pourtant, c’est parfois ce même manque de chance qui changera notre point de vue sur la journée.
A titre d’exemple, l’illustration suivante d’une journée pas de chance. Nous ferons comme si nous vivions cette journée en temps réel, ce qui explique un manque total d’objectivité ainsi que quelques insultes gratuites et infondées.
Une « journée poisse » idéale commence dès le réveil, si ce n’est avant. Vous venez forcément de passer une mauvaise ou trop courte nuit (voire les deux), vous avez cauchemardé, et le braillard de mioche des voisins vous réveille en sursaut. A moins que ce ne soit la fuite d’eau de votre voisin du dessus. A savoir que, quoi qu’il arrive, vous êtes déjà en retard. Motivation zéro. Mais vous faites fi de cela et décidez quand même de vous lever (ce qui quand même un peu masochiste dans le fond). Vous vous cognez pile à l’endroit où ça fait mal en vous levant. Et ce n’est que le commencement.
Le café est ignoble, le lait périmé, le pain pas frais. Avec en prime une odeur nauséabonde dans l’air, certainement cette douce brise en provenance directe de la déchetterie située à deux pas de votre porte. Mais vous ne fléchissez pas. Suit logiquement la douche froide, ou la coupure d’eau en plein rinçage, et bien évidemment il n’y a plus de serviettes propres. Si vous êtes un homme, vous vous coupez en vous rasant. Si vous êtes une femme, ou un homme imberbe, vous vous donnez un coup de brosse à dents dans le palais par accident. Vos vêtements sont dépareillés.Vous ne savez plus où vous venez de poser ces stupides clés (car dans des moments comme celui-ci, n’importe quel objet inanimé devient stupide et maléfique). A peine la porte fermée, vous vous rendez compte que vous avez oublié votre portable, ou bien tout autre objet vital (dossiers, cours, ordinateur, carte de membre du club mickey…). Vous ratez votre bus / métro / train , mais bien entendu vous vous êtes essouflé(e) à courir pour l’avoir.
Nous nous arrêterons ici dans le récit de cete journée catastrophique, pour aboutir au point suivant : oui, c’est la poisse, mais des journées comme celle-là ne nous font-elles pas remarquer à quel point une journée « normale » est vivable ? Par exemple, si je n’avais pas eu de panne d’inspiration, je n’aurais pas eu l’idée de cet article. Raisonnement paradoxal, optimisme dans les situations pessimistes, plein de noms compliqués juste pour dire que la volonté humaine, c’est quand même une invention assez terrible.