Pokémon Noir & Blanc 2, le test

Alors que Pokémon Noir & Blanc 2 sont sur le point de sortir, j’ai eu grâce à Nintendo l’occasion de mettre la main sur ces nouveaux opus très attendus légèrement en avance et en exclusivité pour vous, amis internautes ! Ne perdons donc pas plus de temps avec un paragraphe introductif à rallonge et lançons-nous dans le test de la dernière génération de Pokémon !

Double arc-en-ciel tout du long ?

Ne nous méprenons pas : si Pokémon est une série de bons jeux, c’est aussi et surtout un recyclage récurrent des mêmes idées. Et après la semi-révolution que fut Noir & Blanc, difficile d’attendre un grand chamboulement dans l’univers des monstres de poche… A l’instar de Pokémon Jaune, Cristal, Émeraude puis Platine, on pouvait légitimement s’attendre à une simple déclinaison de la dernière génération, une version « Grise » ou « Chrome »… Et pourtant Nintendo nous a bien surpris en annonçant pour la première fois dans la série un duo de suites incrémentales, plutôt qu’une version de complément ou une nouvelle génération au nom toujours plus improbable.

Les nouveaux starters ont enfin une vraie personnalité.

Ce n’est pas parce qu’on fait un numéro 2 qu’on doit changer une recette qui marche, Nintendo l’a bien compris. Car côté bestiaire, ceux qui en avaient marre de retenir 150 nouveaux monstres par épisode seront ravis, puisqu’on retrouve dans cette suite le même Pokédex que dans l’opus précédent, à l’exception assez anecdotique de quelques nouveaux monstres légendaires et de nouvelles formes pour Kyurem.

Et ça sert à quoi de faire Trempette ?

Accessibilité Nintendo oblige, nul besoin d’avoir joué à Noir & Blanc pour comprendre les ficelles de cette suite. Si les fidèles reconnaîtront quelques anciennes têtes aux apparitions parfois bien surprenantes, on reste sur des bases simples et connues avec 8 nouvelles arènes, une méchante Team déterminée à changer le monde grâce à un Pokémon légendaire ou encore un rival nous défiant aux moments les plus inattendus. Une recette éprouvée donc, y compris du côté de la capture et des combats directement repris de l’opus précédent.

La Négadimension, uniquement disponible sur DSi et 3DS, est l'innovation principale de ce nouveau duet, ajoutant presque 2 heures de durée de vie supplémentaire !

Si les versions précédentes nous avaient subjugués avec ses décors en perspective et ses sonorités dignes de l’ère 8-bits, Noir & Blanc 2 remettent le couvert avec un tout nouveau continent. Car si à l’heure de la 3DS Pokémon résiste et conserve ses graphismes simplistes et son déplacement en deux dimensions, les nouveaux environnements en 3D (non stéréoscopique sur 3DS, NDLR) nous laissent tout simplement sans voix, de même que les affrontements contre les dresseurs et  Pokémons sauvages rencontrés au fil de l’aventure.

If it ain’t Brock…

L'écran de fin du jeu tease une très probable suite avec ce tout nouveau Pokémon !

Autre ajout pour sa part exclusif aux DSi, DSiXL et 3DS, l’utilisation de l’appareil photo frontal pour envoyer votre bouille dans des messages personnalisés à vos amis ou encore pour décorer votre chambre. Des cartes à collectionner différentes selon votre version du jeu permettent également de débloquer un mini-jeu de réalité augmentée où l’on gagnera de nombreux  accessoires, même si les possesseurs de DS et DS Lite devront passer leur chemin. Ces ajouts restent toutefois purement cosmétiques et n’influencent pas le cœur du jeu qui de son côté reste intouché.

Pour conclure, si dans leur ensemble Pokémon Noir & Blanc 2 ne sont pas aussi innovants que le reboot proclamé de la saga en 2011, force est d’avouer qu’une telle suite aussi tôt était inattendue. Cependant, une chose reste sûre : on peut d’emblée compter ce nouveau duo parmi les hits de l’année sur DS.

Pokémon, chroniques d’une saga immobile (2/2)

Première partie ici, et promis, la prochaine fois je fais un article qui tient sur un seul post.

Après Cyanide & Happiness, Enthousiasme & Fatigue

Allez, chronologie presque rapide des autres versions de Pokémon, sinon on va y passer deux mois :

  • Jaune : Le jeu adapté de la série adaptée du jeu, fallait le faire, mais j’étais un peu au plus haut de mon fanboyisme. Vous ne me croyez pas ? Si je vous dis qu’à l’époque j’ai racketté mes parents pour acheter le podomètre Pikachu et squatté la Nintendo 64 d’un pote pendant un mois pour apprendre Surf à mon Pikachu et débloquer un mini-jeu tout pérave ? Mais ce jeu c’est surtout un premier quart abusé de difficulté avec Pikachu comme point de départ.
  • Or : des couleurs, une compatibilité infrarouge, l’apparition des genres, des oeufs, des baies, de la gestion du temps qui passe, deux quêtes pour le prix d’une… Une liste impressionante de nouveautés, et à mon grand regret c’est le seul épisode de la série qui innovera significativement. A l’époque, le jeu étant sorti au Japon un mois après la sortie en France de… la première génération, il a mis un peu plus d’un an à arriver chez nous, donc dans ma grande impatience il constitua un de mes premiers jeux sur émulateur. En anglais intégral, que je comprenais à peine. Je fus d’ailleurs récompensé par un splendide bug me faisant affronter une championne d’arène ayant un Scarabrute de niveau 146 (au lieu de 46), j’ai ce jour-là brûlé un cierge en l’honneur des sauvegardes rapides.
  • Saphir : bof bof bof, j’étais un peu passé à autre chose niveau jeu vidéo (j’avais découvert le JRPG et Advance Wars, et c’était sympa), les nouveaux bestiaux ne m’intéressaient pas plus que ça, et surtout la perspective de devoir transférer des centaines de Pokémon d’une version à l’autre m’a un peu calmé. J’ai complètement oublié ce jeu, mais dans mes vagues souvenirs la grosse nouveauté c’était l’ajout des concours de beauté, ça veut tout dire.
  • Vert feuille : Ouais la première génération refaite avec le moteur de Saphir… Mais encore une fois l’apparition des trouze mille nouveaux pokémons au cours du jeu, qui a ruiné mon Pokédex et m’a dégoûté de finir un jeu Pokémon à 100% à tout jamais.
  • Diamant : Acheté en occasion, mon intérêt pour la série a alors vraiment diminué, le jeu est ultra-laid avec ses graphismes qui ont une génération de retard, ça me gonfle au bout du troisième champion d’arène de refaire des didacticiels qu’on a tous fait cinquante fois, et j’abandonne définitivement. Enfin presque.
  • Or HeartGold (remake de la 2ème génération) : Une seule chose m’a fait acheter ce jeu au lieu de le pirater, le podomètre fourni avec, Marketing 1-Moi 0. C’est un peu comme acheter un paquet de céréales qu’on n’aime pas juste pour le cadeau. Toutefois, je retombe un peu en enfance, nostalgie nostalgie, oui mais voilà ça a beau être joli ça reste le même jeu que dix ans plus tôt. Je me suis forcé à finir ce jeu, ça m’a fait prendre un peu de recul sur le jeu vidéo et le plaisir de jouer.

« Comment ?
Pokémon évolue ?
Pokémon évalue en…Ah, non, fausse alerte »

Ne nous méprenons pas : Pokémon c’est toujours de bons jeux, mais la série m’a vraiment eu à l’usure. Si je ne supporte plus Pokémon, c’est pour les raisons suivantes :

  • Les graphismes ont toujours une console de retard.
  • Le gameplay ne change jamais, et est toujours… aussi… lent.
  • Le scénario s’il était inexistant ne serait pas gênant, on préfère en mettre un qui soit stupide.
  • Les échanges au coeur du gameplay n’ont pas évolué en plus de dix ans ! Il faut toujours échanger tes bestioles une par une, avec des temps d’attente interminables !
  • Il est de plus en plus difficile, et réalistiquement impossible de finir le jeu à 100%, parce que la majorité des bestioles ne peut être attrapée dans notre version, et que les légendaires ont des conditions d’obtention de plus en plus improbables.

pokéfun

Du coup quand les premières informations sur cette nouvelle génération sont apparues sur la Toile, je me suis dit « Cool un reboot, enfin de vrais chamboulements dans l’univers de Pokémon ».
Nintendo a dû m’entendre, puisqu’ils ont passé les six mois suivants à démonter mes espoirs un par un.

Il y a une nouvelle génération de 150 monstres (environ), et on ne verra aucun des anciens Pokémons se pointer pendant le jeu ! MAIS le jeu est quand même rétro-compatible avec Diamant et HeartGold, parce qu’on a pas eu les noix de couper le cordon hein. Donc à un moment ou à un autre le jeu va te dire « Hé au fait t’as rempli 95% de ton Pokédex local, mais au niveau National il y a plus de 600 monstres à capturer, pauvre daube, va acheter les anciennes versions et tais-toi. »

  • Les décors sont modélisés en 3D ! MAIS on se déplace toujours sur deux axes façon vue de dessus, comme depuis le premier jeu sorti il y a plus de dix ans, à part faire joli ça ne sert à RIEN. Et encore quand je dis joli, c’est une façon de parler vu que le titre est du niveau d’une GBA asthmatique.
  • Les combats sont mieux animés ! MAIS c’est toujours quatre pauvres animations en deux dimensions qui gigotent un peu pour dire qu’elles attaquent. Car avoir des combats en 3D façon Pokémon Stadium c’est vraiment trop demander à une console capable de reproduire Mario 64 depuis sa sortie.
  • Des combats en 3 contre 3 ! MAIS les combats en 2 contre 2 étaient déjà sous-utilisés dans les versions précédentes, j’ai de gros doutes sur la légitimité et la fréquence du 3 vs 3 dans ce cas.
  • Le scénario… ah non on a rien changé, c’est toujours aussi naze en fait. Huit champions d’arène, un prof qui sert à rien, un rival et un pote, une organisation qui veut révolutionner le monde, un monstre légendaire qu’on capturera finger in the nose avec notre unique Master Ball, le Conseil des Quatre, emballé, c’est pesé.

Bref vous aurez compris que Pokémon Noir & Blanc, c’est en fait une fois encore le même jeu. On ne joue pas à Pokémon Version X ou Y, on joue à Pokémon tout court. Et pour ma part, c’est Game Over.

Pokémon Noir c’est Noir, reste-t-il un espoir ?

Il y a deux semaines, je me suis retrouvé au cours d’une discussion à énumérer les différents jeux Pokémon existant à ce jour. En dehors du fait que je sois passé pour un extraterrestre, je me suis rendu compte du ridicule de la franchise. Le schéma qui se dessine ? Une nouvelle génération déclinée en deux versions, suivie d’une troisième version améliorée dans l’année qui suit, suivie d’un remake de l’antépénultième génération. En conclusion, voici donc mes prédictions pour le futur de la franchise :

  • Mi-2011 : Pokémon Gris est annoncé pour la fin d’année au Japon, avec des fonctionnalités bonus exclusives à la 3DS, par exemple un concours de décoration d’intérieur. Arrivée mi-2012 en Europe.
  • 2012 : Pokémon Rubis Passion & Saphir Espoir sont annoncés sur 3DS, avec comme seul ajout les nouveautés mises en place depuis leur sortie initiale. Pour assurer de nombreuses ventes, Nintendo inclut une vuvuzela interactive qui compte le nombre de souffles faits par le joueur, ce qui permet de débloquer un Pokémon inédit pour Noir & Blanc, et accessoirement de tuer 46 enfants par hyperventilation. Une vuvuzela « Lite » moins exigeante est offerte à tous les joueurs pour pallier à ce problème.
  • 2013 : Pokémon Chocolat & Vanille sont annoncés sur 3DS. 180 nouveaux pokémons, et l’introduction de zones accessibles uniquement lorsqu’on se trouve géographiquement à tel ou tel endroit. Par exemple, 10 des Pokémons seront exclusifs à Paris, tandis qu’il faudra aller dans la Creuse puis à Taïwan pour débloquer trois nouveaux accessoires qui une fois échangés quarante fois permettront d’accéder à une île secrète qui contient des secrets inédits.
  • 2014 : Pokémon : Puzzle Ranger Dungeon sort sur Wii, avec une compatibilité Miis, Wii Balance Board, Wii MotionPlus, Wii Vitality Sensor, et Wii Enema. Pokémon Fraise est annoncé en complément des versions Chocolat & Vanille, et profite de fonctionnalités exclusives à la 3DS Lite, dont l’utilisation de la reconnaissance ADN pour créer un Pokémon à votre image unique au monde, amenant le Pokédex à 3 milliards de monstres différents.
  • 2380 : En dépit de la destruction du monde, un individu réussit, après 14 générations d’efforts, l’exploit de compléter le Pokédex national de la version Fraise. Il débloque ainsi un message des développeurs disant « On aurait jamais cru que quelqu’un puisse être aussi con…plètement fan » et est exécuté 10 jours plus tard sur la place publique, ayant volé le dernier réacteur nucléaire de l’Humanité pour recharger sa 3DS Lite.

Ce léger délirium met d’ailleurs fin à cet article. Oui, comme ça.

Pokémon, chroniques d’une saga immobile (1/2)

Ca y est, la cinquième génération de Pokémon est de sortie. Et pour la première fois depuis 1999, je n’achèterai pas un jeu Pokémon. Retour en arrière.

« Dis c’est quoi ton jeu avec des monstres, Poquette Monsteurze machin là ? »

Noël 1999. Pokémon Version Rouge et Pokémon Version Bleue viennent de sortir en France, dans l’indifférence générale. Pendant que la machine marketing démarre lentement mais sûrement chez Nintendo, quelques joueurs connaisseurs découvrent un titre étrange, inédit et bizarrement addictif. Je n’en fais pas partie.

On a tous eu une connaissance, pote ou cousin chez qui on voulait toujours aller parce qu’il avait toujours le dernier jeu vidéo à la mode. C’était mon cas, et si je me souviens encore du jour où on m’a montré le premier jeu Pokémon en français, c’est parce que :

  • On est un jeune garçon qui se bat avec des monstres
  • Le jeu est en français intégral, chose très rare en 1999, surtout dans l’univers du RPG
  • Les monstres ont des attaques faibles ou fortes selon l’adversaire selon une mécanique pierre-feuille-ciseaux à priori évidente (parce que poison > plante < vol > combat > roche voilà quoi)
  • Le jeu est en français intégral, oui je l’ai déjà dit mais même les noms des monstres ont été traduits.

C’est donc en février 2000, un mois avant les débuts de la série animée pub la plus longue de l’Histoire, que je réunis enfin les fonds nécessaires à l’achat de Pokémon Version Bleue. Pourquoi la version bleue me direz-vous ? Parce que le héros y a le même prénom (par défaut) que moi, et ça c’était vraiment trop la classe. Bref je découvre ce petit monde du jeu de rôle simplifié, et la possibilité, que dis-je la nécessité de faire des échanges avec ses potes pour avoir l’intégralité des bestiaux…

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Oui cette photo est dégueulasse mais mon APN vient de me lâcher.

« – Hé, ça te dirait… d’échanger ? – Ouah t’es fou, pas à l’école la maîtresse va nous gronder »

Car pour la première fois rester dans son coin ne permet pas de finir le jeu de fond en comble. Hérésie, il faut carrément sortir de chez soi et aller se sociabiliser avec d’autres possesseurs de Game Boy ! Ah oui, mais d’abord passe à la caisse et paye ton Game Link 10 euros, et oui en 2000 j’étais déjà passé à l’euro.

D’ailleurs ces Foutus. Câbles. D’échange. Parce qu’à chaque nouveau modèle de Game Boy le câble d’échange changeait, parfois donc tu voulais faire un échange avec un pote, mais non ça ne fonctionnait pas parce que ton câble rentrait pas (l’histoire de ma vie) et t’avais aucun moyen de le savoir, tu devais juste subir l’essai/échec répété pour finir par te trimballer avec trois câbles différents, bonjour la portabilité du bouzin. Bref.

Autre frustration : Mew, le 151ème Pokémon qui faisait jaser dans les cours de récré. Parce que là où au Japon et aux US le précieux était dispo lors de pleins d’évènements (sortie du film, distribution gratos chez Toys ‘R’ Us…), en France il fallait être finaliste d’un putain de tournoi national (= être majeur ou accompagné et assez friqué pour se déplacer à chaque nouvelle poule), du coup il y a 16 Mews First Gen officiels dans l’Hexagone, aha suicide.

Tout ça pour dire qu’assez rapidement la Pokémania fait son effet, parce que les gosses c’est rien que des hyperconsommateurs prêts à faire acheter n’importe quoi à leurs parents du moment que ça se collectionne. Du coup, la prochaine fois on arrête le sentimentalisme et on enchaîne tout le reste de la saga.