Du multiculturalisme.

Note préliminaire : Cet article contient des extraits humoristiques pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes et des moins ouverts d’esprit. Qu’on se le tienne pour dit (j’aime bien placer ce genre d’expression, ça donne un genre, même si je ne sais pas lequel).
Hier, j’ai rencontré mon premier communiste. Bon, il était chinois, ce qui est un peu cliché certes, mais il était pas déguisé en Mao non plus, donc à moins qu’il ne le dise, personne n’aurait pu deviner. Et c’était intéressant aussi parce que c’était dans le cadre d’un cours, plus précisément d’une analyse du Manifeste du Parti Communiste de Marx.
Un vrai communiste, quand même ! Oui, j’ai déjà rencontré des djeunes rebelles qui se disaient communistes, mais ça ne compte pas vraiment, c’est comme dire qu’on est rebelle parce qu’on porte un T-shirt Che Guevara, qui soit dit en passant nous aura coûté la coquette somme de 40€ car la marque « indépendante » dudit T-shirt est à la mode.
Non, là c’était une personne qui a grandi dans le communisme, qui vit dans un pays communiste, et qui applique un communisme moderne. C’est un point de vue intéressant. Mais le plus intéressant, c’est que je me sois dit « Ouah, un vrai communiste ! C’est la première fois que j’en rencontre un vrai ! », un peu comme si je découvrais qu’il existe des gens de couleur ou bien que le Père Noël n’existe pas. Concernant ce dernier point, tout le monde sait bien que le fait de répandre une rumeur comme quoi il n’existerait pas n’est en réalité qu’une vaste machination visant à séparer les gentils enfants des méchants. Et oui, maintenant vous savez pourquoi le cadeau de Tatie Germaine était pourri : c’était pour le Père Noël une façon de vous dire « Ahah tiens t’avais qu’à être plus gentil ! ».
D’ailleurs, ce n’est pas parce que le Père Noël est rouge qu’il est communiste. Si c’était le cas, on aurait tous le même cadeau au pied du sapin : rien, ou un petit livre rouge.

Quand je fais mes courses à l’étranger…


… Ça donne plus ou moins la même chose que lorsque j’achète en France : beaucoup de sucre. Et des Cup Noodles (nouilles instantanées) histoire de faire couleur locale.


Et à gauche c’est du thé glacé à la cerise. Pas mauvais, mais ça casse pas trois pattes à un panard non plus. Et à droite du lait giga-pasteurisé (à se demander s’ils n’ont pas pasteurisé le lait, l’emballage, la vache, le fermier, et l’ensemble de la chaîne de production).

Bienvenue au pays du Soleil levant (et du karaoké)


Et oui, comme certains d’entre vous le savaient peut-être, je suis au Japon, le pays des sushis, des sumos, des samouraïs, et de tout un tas d’autres choses qui commencent par un s.
Le Japon, c’est avant tout un tas de petites choses, de détails. Parce qu’un pays et une culture ne peuvent pas vraiment être résumés à deux ou trois mots. Et ça m’arrange bien, parce que ça va me permettre de faire plein de posts.

Mais bon, il faut bien commencer par quelque chose, donc commençons.

Les Japonais sont extrêmement serviables. Attention, j’ai dit serviables, pas cons. Le japonais de base -que nous appelerons Pikachu pour des raisons de simplicité- ne te prêtera pas 100 balles comme ça (il faudra préalablement remplir une dizaine de formulaires). Par contre, si t’es paumé, Pikachu n’hésitera pas à te conduire jusque chez toi, et ce même s’il ne parle pas un mot d’anglais. Pikachu ramassera ton portefeuille que tu as fait tomber et courra pendant 2 kilomètres s’il le faut pour te le remettre en mains propres.
Un exemple ? D’abord, rien qu’à l’aéroport, l’étudiant de mon université d’accueil -appelons-le Toshiba- qui m’attendait parlait français. Et pas un français façon Tarzan, Van Damme ou Joey Starr. Du vrai français qui sent bon le camembert. Après 2 ans d’études de la langue.
Bon, okay, autre exemple pour les sceptiques. Beaucoup de japonais ne parlent pas du tout anglais (un peu comme les français en fait), MAIS Pikachu arrivera toujours à t’expliquer avec clarté et précision qu’il fallait prendre la troisième à gauche après le rond point, puis la seconde au milieu, traverser la rivière à la nage et ouvrir la porte avec une clé à molette. Véridique.
Comme je l’ai dit, il y a une différence entre être serviable et être con. Car Pikachu aura beau t’expliquer comment monter ton meuble Ikéa sans les mains, il ne le fera pas pour toi. Question d’honneur (à moins qu’ils soient tout simplement des feignasses). Pikachu te donnera les clés pour réussir, à toi de trouver comment ouvrir la porte.
Et après une belle expression comme ça, je pense que je peux arrêter de parler pour aujourd’hui. Parce que je ne suis pas japonais, et que je ne suis pas du tout modeste.