On ramasse les restes 4

[suite des restes du Japon]

Reste n°7 : Quai des Brumes

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Une des dernières images que j’ai pu prendre, malheureusement je n’avais pas mon appareil photo sur moi, devant me contenter de mon téléphone portable… Un éclairage s’impose :

Dans le métro tokyoïte comme dans tous les métros, il y a des affiches de publicité sur les murs de l’autre côté des rails. Sauf que fait rare, il n’y avait pas d’affiche encadrée à cet emplacement ce jour-là. Le quai est bondé, et je me retrouve au bord de ce dernier, face à la vitrine vide. Vitrine qui renvoie un semi-reflet flouté d’un attroupement de japonais avec au beau milieu de cette foule un intrus, qui décide alors de prendre une photo de cette scène mi-comique, mi-flippante.

Une capture peu fidèle de la situation, mais dont ressort le même sentiment d’irréalisme et d’étrangeté.

Reste n°8 : Etude de la faune nippone

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Non, je ne suis pas sur cette image. D’ailleurs, ce n’est même pas moi qui ait pris cette photo, mais une amie expatriée. Il y a tellement de détails, qu’ils soient représentatifs de la culture japonaise, ou bien drôles et incongrus, que je ne saurais tous les citer.

En tous cas, c’est pour moi un vrai concentré du Japon et du regard qu’y portent les étrangers.

Mais si, regardez-bien.

Fast food multicolore

Ça donne pas envie, ça ?
… Et bien ça ne devrait pas, parce que c’est bien meilleur chez l’ami Ronald que chez cette franchise-là. D’ailleurs Ronald s’appelle Donald ici. Donald Mac Donald. Pffrr.

Paradoxalement…

C’est au Japon que j’ai croisé l’homme le plus grand que j’aie jamais rencontré. Et c’était un japonais, n’allez pas croire. Il faisait au moins deux mètres cinquante. Oui, oui, 2m50, vous avez bien lu. Le pauvre bougre marchait le dos complètement arqué vers l’avant, certainement pour ne pas s’éclater la tête sur tous les plafonds possibles et inimaginables.
Au moins ça doit être pratique pour les concerts. Enfin, sauf pour les 200 mecs qui sont derrière lui.

Après le Red Bull…

… le Macaron Boule.

Ou selon la prononciation japonaise, « Macalone Boulou ». Au moins après avoir mangé ça on peut dire qu’on a une boule dans la gorge. Ou l’estomac en boule *ba dum psh

Rose Japon, Rose Y’a bon

« EEEEEEH ?!? » C’est à peu près la réaction à laquelle j’ai eu droit il y a environ un mois, en parlant de culture vestimentaire. Oui, c’est un terme pompeux pour ne pas dire que je parlais de fringues avec des japonaises. En traduisant grossièrement cette onomatopée dans la langue de Luc Besson, ça donne « QUOIIIIIII ?!? », pour vous prouver leur étonnement.Parce que si on trouve aussi bien des Gap et Zara au Japon qu’en France, et que les fringues de base restent le combo classique T-shirt / Blue-jeans, force est de constater quelques différences dans la façon de s’habiller entre les différents pays.
Ici, on aime les accessoires. Et plus c’est inutile, plus c’est génial. Je referai un article sur les téléphones nippons à ce propos. On accroche donc une myriade de badges, peluches, rustines et autres frou-frous aux vêtements de base, dans un effort de personnalisation remarquable. Oui, les japonais ont inventé le tuning humain. Peut être pour compenser le manque d’individualité dans une société somme toute très homogène (cette phrase semble sortie d’un livre de sociologie de comptoir). Mais cette customisation excessive n’a rien de si renversant à côté de… des…

… Vêtements pour homme ROSES. Okay, il y a déjà les polos roses, mais on sait bien que pour porter des polos il faut à la base jouer au golf, donc être riche, donc être pédant et un peu maniéré (ceci est un énorme raccourci absolument non fondé, sans rancune). Toujours est-il que le rose pour homme possède dans le pays de la baguette une forte connotation gay. Même Wikipedia le dit : « Le rose est une couleur ambigüe », j’invente pas.
Ici ? Que nenni (essayez de placer cette phrase dans une soirée chic et sans renverser votre champagne sur votre caviar, c’est la classe assurée) ! Le rose est, comme toute autre couleur, utilisable pour n’importe quel vêtement ! Dans un premier temps, on se dit (pour ne pas dire je) qu’il y a beaucoup de gays à Tokyo, puis on se rend compte que non, le rose est en fait très commun et surtout fashion. Un jean rose, quand même.

Lorsque j’ai fait part de mon étonnement à mes camarades nippones, je me suis pris ce qu’on appelle couramment « un vent glacial ». Elles ne voyaient pas pourquoi cela m’étonnait. Quand je leur ai expliqué la connotation orientation sexuelle du vêtement rose en France (et je pense pouvoir généraliser à l’Occident sans grande prétention), elles furent choquées !

Du coup pour montrer que je ne suis pas intolérant j’ai dû leur expliquer pendant 20 minutes que je n’avais rien contre les gays, que j’aimais bien le rose et pourquoi pas porter des vêtements roses, mais que je ne saurais faire de même en France pour les raisons citées plus haut.

Et puis d’abord, le rose c’est pour les filles, c’est Barbie qui l’a dit.
La prochaine fois, nous démonterons le proverbe « le chocolat, c’est pour les gars ».

Y’a de l’orage dans l’air

Depuis deux jours, le climat se fait de plus en plus lourd à Tokyo. L’orage ne va pas tarder à éclater, mais avant les nuages noirs, ce sont les bouches de mes colocataires qui s’ouvrent.
Nostalgie, peines de coeur, embrouilles entre amis, rivalités et coups bas surgissent au grand jour dans la salle à manger. Les voix se font plus fortes qu’à l’habitude, plus affirmées, plus lourdes de conséquences.
C’est ce genre d’instants où on apprend le véritable ressenti des gens, où tout le monde relâche la pression accumulée ces trois derniers mois. L’orage des sentiments éclate, le flot de paroles se déverse, les éclairs surgissent des regards, le vent des rumeurs se fait grondement…
Plions-nous donc à la fureur de l’orage tels les arbres, quitte à y laisser quelques feuilles. Les mauvaises racines n’en souffiront que plus.
Jusqu’à la fin de l’orage d’ici quelques jours, où le climat reviendra à son calme habituel… Et où j’arrêterais les essais poétiques à deux balles.

Soleil Levant

Quand on parle du pays du Soleil Levant, c’est souvent pour la simple et bonne raison que le Japon est un des premiers pays au monde à voir le soleil se lever, compte tenu des fuseaux horaires.
Ce que je ne savais pas, c’est que c’est vraiment le pays du Soleil Levant : le Soleil se lève aux alentours de 4h du matin, pour se coucher entre 17 et 18h.
Preuve à l’appui, cette photo prise lors d’une fin de soirée, vers 4h30. Comment voulez-vous aller vous coucher après ça…